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Politique monétaire / BCE / Fed / Pimco

Politique monétaire
BCE / Fed / Pimco

Mohammed El-Erian critique la politique des banques centrales

Dans une tribune publiée dans la presse britannique, l'ancien CEO de Pimco déplore que les banques centrales américaine et européenne aient cédé à la pression des marchés l'an dernier, et prolongé leur politique ultra-accommodante alors que la situation économique ne le justifiait pas. 
BCE - siège - euros
BCE - siège - euros

Si les banques centrales misent sur une année 2020 plus calme qu'en 2019, au cours de laquelle elles pourront se mettre en mode pilote automatique, c'est sans compter sur de nombreuses forces à court et moyen terme capables de remettre en cause la stabilité économique mondiale. C'est en résumé le message que l'ancien CEO de Pimco Mohammed El-Erian, a souhaité leur adresser à l'aube de cette nouvelle année, dans une Tribune publiée sur le site financier e-financial news. Or selon El-Erian, qui officie désormais en tant que chief economist advisor chez Allianz, la Fed et la BCE ont  commis la grave erreur il y a un an de faire marche arrière dans leur politique de réduction de leur bilan et de sortie progressive du QE.

En 2018 pourtant la Fed avait par trois fois remonté ses taux et avait annoncé qu'elle commencerait à réduire son bilan l'année suivante. Las, ces annonces, qui ont contribué à plomber les marchés boursiers au cours du dernier trimestre 2018, n'ont finalement jamais été mises en œuvre en 2019. Le président de la Réserve américaine a même abaissé ses taux à trois reprises l'an dernier, sous la pression des marchés, selon El-Erian, et alors que la situation économique ne justifiait pas du tout une telle stratégie. La BCE a suivi le même chemin, en abaissant son taux de dépôt en septembre 2019 et relançant son programme d'achats de titres, auquel elle avait pourtant décidé de mettre fin en décembre 2018.

Ces décisions sont particulièrement décevantes, et ce à deux titres selon El-Erian : d'une part parce qu'elles ont contribué à prolonger une situation de taux planchers voire négatifs, néfaste pour les institutions financières et in fine pour les épargnants. Ensuite, parce que ce virage à 90 degrés des banques centrales n'est pas du tout concomitant à un retournement de conjoncture. La croissance mondiale devrait avoir progressé de 3% sur l'année dernière, selon les estimations préliminaires du FMI. "Plutôt que d'agir sur la base de signaux économiques clairs, les grandes banques centrales ont une fois de plus succombé aux pressions des marchés financiers", déplore ainsi le conseil d'Allianz. 

Si les banques centrales ont agi de la sorte, elles ont certes permis d'éviter un ralentissement économique, qui aurait peut-être été plus important sans leur intervention. Mais en déployant toutes leurs munitions, elles se privent d'une part de marge de manœuvre en cas de réel retournement de cycle cette année. Par ailleurs en permettant à nouveau aux marchés financiers de dicter les changements de politique monétaire, la BCE et la Fed ont alimenté un incendie qui fait rage depuis des années. "Les marchés financiers ont été poussés d'un record à l'autre, indépendamment des fondamentaux économiques sous-jacents, parce que les opérateurs et les investisseurs ont été conditionnés à croire que les banques centrales sont leurs meilleures alliées", explique ainsi El-Erian. Au risque pour les banques centrales de perdre leur crédibilité ainsi que leur réelle capacité d'influence sur l'économie mondiale. 

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