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Sur les marchés / AMF / recherche sponsorisée / mifidII

Sur les marchés
AMF / recherche sponsorisée / mifidII

L'AMF a publié son rapport sur la recherche spécialisée

Depuis l'instauration de MiFID II qui a dissocié la recherche de la transaction, la Place s'inquiète de voir la recherche baisser en qualité. C'est pourquoi le Collège de l'AMF a mandaté Jacqueline Eli-Namer, membre du Collège et Thierry Giami, président de la SFAF, pour réfléchir à l'impact de MiFID II sur la recherche au sens large.  
Siège de l’AMF - Autorité des marchés financiers
Siège de l’AMF - Autorité des marchés financiers

Le métier d'analyste financier a décidément du plomb dans l'aile. Tout a commencé depuis l'instauration de MiFID II le 3 janvier 2018, lorsque ses auteurs ont choisi de dissocier la recherche de la transaction. Avant, les gestionnaires d'actifs incluaient le coût de la recherche dans les commissions chargées au client. Maintenant, il doit être entièrement à la charge des gestionnaires.

La couverture des sociétés cotées par des travaux de recherche constitue un enjeu majeur pour la formation des prix et la liquidité du marché. C’est pourquoi le collège de l’AMF a demandé à Jacqueline Eli-Namer, membre du Collège de l’autorité, et à Thierry Giami, président de la Société française des analystes financiers (SFAF), d’analyser l’impact de MIF 2 sur la recherche en investissement et d’explorer des pistes d’amélioration possibles. À l’issue d’un travail d’analyse et de nombreuses rencontres avec des représentants de tous les métiers concernés par le sujet, ainsi que des autorités publiques, ces derniers ont présenté leurs recommandations au Collège le 7 janvier dernier. Leur rapport est désormais disponible sur le site de l’AMF.

Pour aborder la problématique en question, il faut comprendre que le nouvel environnement tarifaire a incité les grandes banques d'investissement à réduire leur budget pour la recherche et a entraîné la déflation massive des services d’analystes financiers pour les petits fournisseurs indépendants, qui dépendent largement des revenus de la recherche pour survivre. Aussi, il a conduit à des opportunités de consolidation, et a fait exploser la recherche payée directement par les PME et les ETI, celle dite "sponsorisée". Comme le décrypte l'AMF dans un communiqué en date du 9 juillet dernier, "la recherche subventionnée ("sponsorisée") par les émetteurs se développe ce qui limite l’érosion de la production d’analyse mais soulève des problèmes spécifiques, notamment en matière de gestion des conflits d’intérêt".

Le rapport des experts, long d'une trentaine de pages, propose d'agir sur trois leviers : la première série de recommandations vise à renforcer l’offre de recherche, c'est pourquoi les auteurs appellent de leurs voeux le soutien de Bpifrance à la production de recherche pour les entreprises innovantes. La deuxième propose d’accompagner le développement de l’analyse sponsorisée, tout en l'appelant désormais "analyse payée par la société". La troisième enfin apporte de l’"oxygénation" au marché de la recherche à travers une série d’ajustements du cadre actuel.

Après lecture du rapport, l'AMF entend donc désormais organiser son plan d'action autour de plusieurs axes. D'abord, le gendarme boursier considère que la recherche sponsorisée doit mentionner de façon très claire le lien entre l’émetteur et l’analyste. Ensuite, le rapport souligne également la baisse rapide et substantielle des prix auxquels la recherche est facturée et c'est pourquoi le gendarme boursier compte proposer des conditions commerciales raisonnables, dont l’objectif serait de mettre en adéquation le prix de la recherche et son coût de production. Troisièmement, l'AMF compte adapter un certain nombre de dispositions du cadre actuel, par exemple celle qui permet à un fournisseur de proposer gratuitement à ses clients ses analyses pendant une période de trois mois, ce qui peut constituer une barrière à l'entrée à la concurrence.

L’AMF considère les problématiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) comme majeures et a indiqué qu’elle poursuivrait, en 2020, sa feuille de route pour la finance durable, guidée notamment par la préoccupation d’accompagner les changements, d’encourager les bonnes pratiques et l’innovation en ce domaine. Dans ce cadre, assurer un socle minimal de connaissances des analystes financiers sur les aspects extra-financiers est essentiel. À ce titre, l’AMF accueille favorablement la préconisation du rapport en faveur du développement de formations ou de certifications.

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