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hsbc restructuration 15 % effectif hsbc france insuffisant

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HSBC : une cure d’amaigrissement insuffisante

Dans la foulée de mauvais résultats annuels, la banque britannique a annoncé un plan social sur 15% de ses effectifs. Mais le marché réclame des sorties et cessions, comme celle de sa filiale France qui rapportera bien moins que prévu.
HSBC
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Le couperet attendu et redouté par les salariés de HSBC est tombé : la banque britannique va supprimer près de 15% de ses effectifs, soit 35.000 emplois dans les trois prochaines années. Elle l’a annoncé après avoir fait état de résultats annuels 2019 particulièrement mauvais, où son bénéfice net a chuté de 53% à 5,97 milliards de dollars et où elle a dû encaisser 7,3 milliards de dollars de charges. Le directeur général par intérim depuis août dernier, Noel Quinn, a reconnu lui-même que certaines activités "ne produisent pas des rendements acceptables". S’il ne devait être à ce rôle qu’à titre temporaire, ce dernier n’a pas eu d’autre choix que de prendre des décisions lourdes et pourrait rester à la tête de l’établissement pour mener cette restructuration.

Dans le détail, la banque s’est engagée à réduire de 100 milliards de dollars ses actifs à risque dans ses activités les moins performantes dans les trois ans, ce qui va toucher plus particulièrement les activités de banque globale et de marchés en Europe. Au total, HSBC prévoit de réduire ses coûts globaux de 4,5 milliards de dollars, dont un quart venant de ses activités de marché. Une opération d’amaigrissement indispensable dans un environnement où les taux historiquement bas devraient perdurer dans la plupart des pays, pesant sur les marges des institutions bancaires. 

Mais pour les analystes et investisseurs, ce plan social n’est pas suffisant car ils attendaient des annonces plus concrètes et radicales de sortie de certaines activités sous-performantes. Comme en témoigne la chute du titre de plus de 6% ce mardi à la Bourse de Londres. A cet égard, les investisseurs ont aussi les yeux rivés sur le process de vente de HSBC France, le réseau de banque de détail récupéré du CCF en 2000, qui est mené par Lazard. Mais il pourrait aboutir à un résultat décevant, au regard du passif à reprendre pour l’acquéreur.

Ainsi, la Banque Postale – qui est elle-même en plein chantier de rapprochement de ses activités avec CNP Assurances – s’est positionnée sur le dossier afin de compléter son portefeuille de clientèle haut de gamme. Mais aussi Société Générale via le Crédit du Nord, qui est déjà présent sur ce segment mais compte enrichir son offre et dégager des synergies. D’autres acteurs étrangers pourraient aussi être sur les rangs, mais le prix final sera bien loin de la valorisation de 1 à 1,5 milliard d’euros évoquée par le cabinet KBZ. Et cela en raison du travail de restructuration en vue des 270 agences et 5.000 emplois en vue, qui sera très coûteux.

Pour ces raisons, les actionnaires de HSBC ne doivent pas trop attendre en termes financiers de la cession de sa filiale française de détail. Si jusqu’à présent le titre HSBC s’est maintenu grâce à une généreuse politique de dividendes (10,3 milliards de dollars, soit à la 10ème place mondiale en 2019 selon Janus Henderson), la banque a dû suspendre sa politique de rachats de titres pour 2020 et 2021. Noel Quinn entre maintenant dans le dur pour redorer l’image de la banque.

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