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Private equity : la fin de l’âge d’or ?

Selon le rapport annuel de Bain&Co, le marché mondial du private equity est resté à un niveau record en 2019, malgré la concurrence et les niveaux de valorisation élevés. Mais il fait aussi face à la menace de la récession et surtout à l’essoufflement de ses rendements par rapport aux marchés.

En 2019, le private equity est resté le chouchou d’investisseurs à la recherche de diversification, surtout dans un environnement de taux bas historiques. C’est le premier constat du rapport annuel publié par Bain & Company sur la classe d’actifs, chiffres à l’appui : les fonds privés ont levé un total de 2.500 milliards de dollars l’an passé, dont 830 milliards pour le LBO qui a pris une place prépondérante avec un tiers de parts de marché. En particulier, le nombre de closings chute, si bien que ce sont les acteurs les plus installés et affichant un track record irréprochable qui sont récompensés. "Une dynamique de ‘winner takes all’ s'est installée, car nous avons pu observer cette année qu’une plus grande part des capitaux levés est concentrée autour d’un petit nombre d’acteurs", observe ainsi Jérôme Brunet, Associé membre de la Practice Private Equity chez Bain & Company.

Conséquence directe de ces enveloppes record, la concurrence fait désormais rage dans le private equity,et les prix explosent. Les multiples de valorisation touchent des points hauts, à 11,5 fois l’Ebitda aux États-Unis et 10,9 fois en Europe, où ils se stabilisent. C’est bien au-delà des multiples du dernier pic de marché en 2006-2007, où ils étaient inférieurs à 10 fois. Dans ce contexte, les acteurs doivent redoubler de tactiques pour trouver des points d’entrée attractifs et dégager de la valeur. Ainsi, si la valeur des deals mondiaux est restée stable à 3.200 milliards de dollars l’an passé, soit la sixième année record du secteur, plusieurs tendances se dessinent, comme l’essor des sorties de cote ("public-to-private") ou encore des co-investissements, de nouvelles stratégies qui nécessitent aussi de nouveaux moyens.

Sur le plan sectoriel, la tech attire bien sûr l’intérêt des fonds, mais soucieux de ne pas céder à l’emballement de la Silicon Valley, ils se tournent vers des métiers plus concrets comme les logiciels ou les paiements. Et bien sûr, les critères ESG sont de plus en plus pris en compte comme stratégies d’investissement, afin d’optimiser les rendements. Et cela, même s’il est encore trop tôt pour faire un bilan sur leurs performances, selon Bain & Company.

Les hausses des valorisations ont en tout cas un avantage : elles favorisent les sorties, qui sont restées à un niveau élevé de 405 milliards de dollars l’an passé, même si le nombre de transactions a chuté à un plus bas depuis 2012. Si bien que la durée de détention est tombée à 4,3 ans – contre 6 ans en 2014 – ce qui confirme une rotation plus rapide des actifs, afin de profiter de ces conditions, rendre l’argent aux Limited Partners et lever de plus belle. Cela ne suffit pourtant pas, puisque la poudre sèche de l’argent levé mais pas encore investi par les fonds a atteint un nouveau record historique en 2019, à 2.500 milliards de dollars.

Mais deux menaces pèsent principalement sur la classe d’actifs non cotée. D’une part, la récession : 57% des fonds interrogés par Preqin jugent que le marché a atteint un pic et même 18% qu’il est entré en récession. Si bien que 40% d’entre eux ont déjà intégré ces risques dans leurs stratégies. D’autre part, la survalorisation des actifs, qui est la principale préoccupation de 70 % des gérants interrogés. La menace de l’essoufflement des rendements est réelle : pour la première fois, les taux de retour sur 10 ans du coté et du non coté ont convergé en 2019 aux États-Unis, même si cela n’est pas le cas en Europe. Un chiffre qui pourrait remettre en cause l’opportunité même du non coté, plus illiquide mais réputé plus performant sur le long terme. Une crise identitaire à laquelle les fonds ne pourront échapper, et leur réponse déterminera l’avenir de leur track record, mais aussi leur survie dans une classe d’actifs surreprésentée.

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