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Bolloré / Vivendi
Bolloré profite de son statut de conglomérat
Décrypter les comptes de Bolloré, c’est un peu comme ouvrir une boîte de chocolats. On ne sait jamais vraiment ce que l’on va y trouver, et quel goût a telle ligne du compte de résultat. Cela a toujours été ainsi. Mais avec la consolidation de Vivendi dont Bolloré détient 27 % du capital et près de 30 % des droits de vote la situation s’est encore complexifiée.
Ce que l’on peut retenir, c’est une activité commerciale contrastée avec des reculs dans l’activité portuaire et logistique comme dans le domaine énergétique. Des activités que gère maintenant Cyrille Bolloré de manière autonome. Et avec une forte croissance (+ 6 %) dans la communication, grâce à la dynamique de Vivendi dont nous avons déjà parlé dans ces colonnes, elle-même boostée par Universal Music.
En termes de résultat opérationnel ajusté, la logistique pétrolière affiche un bond de 64 % en raison du décalage entre le prix d’achat des combustibles et leur prix de revente, dans une période où ils étaient orientés à la baisse. L’activité portuaire enregistre une hausse de 13 % liée à la forte activité des ports africains, de plus en plus sollicités dans le sillage du développement économique de ce continent. Par ailleurs l’activité batteries électriques souffre d’un nettoyage comptable à hauteur de 269 millions d’euros.
In fine le résultat net consolidé de Vivendi affiche une hausse de 27 % à 1,4 milliard d’euros. Mais la part du groupe est quasiment stable à 237 millions d’euros, en raison du coup de balai comptable sur l’activité de batteries électriques. D’ailleurs Bolloré a annoncé son intention de sortir de la cote sa filiale Blue Solutions, sur la base d’un cours de 17 euros, qui présente une prime de 20 % sur les derniers cours.
Cela ne signifie pas que cette activité n’a pas d’avenir. Au contraire, elle vient de recevoir une commande pour alimenter 100 bus de la RATP, sans compter le très important contrat avec Daimler qui nécessite la construction d’une nouvelle usine. Cet investissement de très long terme fait par Vincent Bolloré à un moment où personne ne parlait de véhicules électriques se révèle donc un pari positif avec un résultat opérationnel dans le vert à partir de 2021. Mais sans être un conglomérat présent dans l’énergie, la logistique, les plantations et la communication, ce pari industriel à très long terme n’aurait jamais pu être possible.
Depuis le début de l’année le titre Bolloré a chuté de 35 %. Ce qui est une sanction disproportionnée. Notamment par rapport à la valeur de ses actifs. La valeur d’actif net réévalué de la seule participation dans Vivendi est supérieure à la capitalisation boursière de Bolloré. C’est notamment en période d’incertitude et d’instabilité boursière que l’on apprécie d’être un vrai conglomérat, géré par une famille, dans une perspective à très long terme.
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