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Sur les marchés / coronavirus
Marchés : le pire est – pour le moment – certain
"Le pire n’est pas toujours sûr", disait Paul Claudel, mais il semblerait que depuis plusieurs jours maintenant, les marchés aillent de déception en désillusion, et rien de ce que les banques centrales annoncent ne peut les rassurer. Ainsi, Wall Street, qui avait repris quelques forces hier lorsque le Dow Jones a clôturé en hausse de plus de 5%, a tout reperdu en quelques minutes ce mercredi, où l’indice américain évolue en baisse de plus de 6% à l’heure actuelle, tout comme le CAC40. Pourtant, l’administration Trump envisage un grand plan public de 1.000 milliards de dollars, qui consisterait notamment à envoyer un chèque de 1.000 dollars à chaque américain pour leur permettre de continuer à vivre. Car contrairement aux Français, l’Etat ne pourra se substituer à l’employeur pour éviter des licenciements ou pour que des citoyens travaillant à leur compte ne voient leur rémunération réduite à peau de chagrin. Si bien que lundi, les marchés US ont connu leur pire séance depuis 1987.
Il n’en fallait pas plus pour que le débat soit lancé : alors que les administrations et les lieux publics sont tous fermés, faudrait-il fermer la Bourse ? C’est ce à quoi appelait Charles-Henri d'Auvigny, président de la Fédération des investisseurs individuels et des clubs d'investissements (F2IC), dans une tribune datée de lundi. Euronext, qui attendait au départ de trouver une réponse coordonnée sur le sujet au niveau européen, s’est finalement résolu à au moins interdire les ventes à découvert hier, un premier geste qui a été salué par la grande majorité des acteurs de marché.
Mais rien n'y fait, la volatilité reste à des niveaux record. L’indice VIX de la peur a franchi un seuil historique mardi, à plus de 84 points, dépassant pour la première fois le niveau atteint lors de la crise de 2008. Wall Street est d’ailleurs sur des montagnes russes en raison de la crise du coronavirus : le S&P 500 a bondi ou chuté de plus de 4% lors des sept dernières séances, soit encore davantage que le record de novembre 1929, selon LPL Financial. Face à une situation sans précédent, une seule solution, selon le patron de hedge fund Bill Ackman : fermer le pays. "M. le Président, à partir du moment où vous renvoyez tout le monde à la maison pour les vacances de Pâques et fermez les frontières, le taux d’infection va chuter, les marchés bondir et les nuages vont s’évaporer", a-t-il tweeté. Le maire de New York a prévenu que les New-yorkais devaient se préparer eux aussi à un confinement, qui pourrait être mis en place d’ici à 48 heures.
Bien sûr, la volatilité du marché américain est exacerbée par le poids du trading électronique, qui amplifie le comportement moutonnier en période de ventes massives. Un phénomène également présent en Europe, même s’il est un peu moins prépondérant. Pour que le pire ne soit pas certain, il faudrait qu’un espoir naisse, qu’il s’agisse d’un ralentissement de l’épidémie dans les pays occidentaux ou d’une avancée rapide sur un vaccin. En attendant, les chiffres les plus anxiogènes – 1 million d’emplois en jeu aux Etats-Unis et 20 % de chômage, un déficit à 3,9 % en France ou encore 20 millions d’emplois dans le monde, selon l’Organisation du Travail – continueront à nourrir l’exode des investisseurs, quel que soit leur prix de sortie.
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