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Start-up / Private Equity / Private equity / M&A / coronavirus

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coronavirus Coronavirus: comment le private equity riposte

CORONAVIRUS. La crise du coronavirus a entraîné un coup d’arrêt brutal sur les M&A et LBO, mais remet aussi en cause des opérations déjà signées. Mais les fonds de private equity sont à la manoeuvre pour soutenir leurs participations, comme l’expliquent les experts d’Alvarez&Marsal à WanSquare.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

“Cash is king”, dit le fameux proverbe des affaires, et il n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui, en pleine crise mondiale du coronavirus. De sources de marché, les lignes de crédit revolving ou de financement de la trésorerie sont toujours disponibles pour les entreprises, mais le financement M&A ou LBO est désormais à l’arrêt. Et pour cause, les potentiels acheteurs ou vendeurs ont les plus grandes difficultés à articuler un prix : à la fois réévaluer le multiple d’acquisition en fonction de l’impact de la crise sur le secteur concerné, mais aussi un niveau d’Ebitda à 12 mois, qui est aujourd’hui totalement incertain. Pour preuve, après un début d’année dynamique, le marché M&A mondial a déjà reculé de 25 % à 621 milliards de dollars, selon les données de Refinitiv au 20 mars, et la chute se poursuit.

Plus ennuyeux encore, le coup d’arrêt sur l’activité pourrait remettre en cause des opérations déjà signées mais pas encore closées. Car les contrats incluent désormais une clause très protectrice pour l’acheteur. "Depuis plusieurs années, les prix des transactions s’articulent sur la base de mécanismes de locked box : l’acheteur prend le risque de la génération de trésorerie entre la signature et le closing. Dans cette période exceptionnelle, certains acheteurs pourraient se retrouver au closing avec un montant de trésorerie inférieur à celui projeté dans le prix payé”, décrypte Frédéric Steiner, managing director de l’équipe transaction advisory d’Alvarez&Marsal. Dans certains secteurs comme le tourisme, la réduction à néant du chiffre d’affaires a conduit certains fonds à chercher une porte de sortie. Sans parler des transactions qui n’avaient pas encore sécurisé leur montage financier, qui risquent de se retrouver face à un gel du financement.

Pour l’instant, il y a peu de sujets de liquidité dans les participations grâce aux mécanismes gouvernementaux mis en place : nos clients private equity accompagnent déjà leurs investissements pour les aider à bénéficier de l’appui de bpifrance et ont adressé des ‘waivers’ aux prêteurs. Le sujet se posera peut-être dans quelques mois, quand il faudra faire face aux échéances décalées et préparer la reprise”, analyse Guillaume Martinez, également managing director Transaction advisory chez Alvarez&Marsal. Même son de cloche de la part d’Ardian, mobilisé dans le contexte actuel : "Nos équipes d’investissement travaillent en étroite collaboration avec les équipes de direction de toutes nos sociétés en portefeuille. Nos équipes se tiennent à leur entière disposition afin de limiter tout impact potentiel et de s’assurer qu'elles disposent de l’accompagnement dont elles ont besoin".

La priorité est donc la gestion quotidienne au plus serré du cash, alors que toute prospective est aujourd’hui impossible.  "Le véritable travail des prévisions de trésorerie se fera lorsque l’on aura une meilleure visibilité. Pour l’instant, les entreprises gèrent leur trésorerie au jour le jour", ajoute Guillaume Martinez. Les experts rappellent que contrairement à 2008, il ne s’agit pas d’une crise structurelle du financement. Le choc de demande va créer une récession sur les 3 à 6 prochains mois, mais les acteurs anticipent déjà la suite. En particulier, les fonds de private equity, qui affichent un trésor de guerre de plus de 1.300 milliards de dollars, pourraient tirer leur épingle du jeu et bénéficier de points d’entrée attractifs, dès que le marché coté sera lui aussi stabilisé. Mais aussi trouver des cibles chez les industriels. "Pour repartir, les grands groupes vont aussi dégager de la trésorerie en se recentrant sur leur cœur d’activité et céder des actifs. Cela va créer des opportunités M&A et de LBO pour les fonds", prédit Frédéric Steiner.

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