Entreprises / Actions / objectifs financiers / dividendes
Entreprises / Actions
objectifs financiers / dividendes
Les objectifs financiers 2020 aux oubliettes
Comme tous les jours, de nouvelles entreprises de la cote française ont abandonné leurs objectifs financiers en raison du coronavirus. Et ce matin ce sont des poids lourds qui sont concernés : Publicis, numéro trois mondial de la publicité, EssilorLuxottica, le leader mondial de l'optique, l'équipementier automobile Faurecia et le chimiste Arkema. L'équipementier aéronautique et de Défense Safran les avait précédés jeudi soir, tout en annulant le versement de son dividende.
Publicis a annoncé ce matin qu'il ne fournirait aucune prévision tant que la pandémie empêchera toute visibilité sur l'économie - il prévoyait une croissance de son chiffre d'affaires organique comprise entre -2% et +1%. "Comme indiqué par les entreprises du secteur, il est aujourd'hui difficile de prévoir l'évolution des investissements marketing des annonceurs de manière fiable", écrit-il dans un communiqué. Jusqu'au 29 février (c'est-à-dire avant la prise des mesures d'urgence), l'évolution des revenus était conforme au plan de marche de l'année.
EssilorLuxottica, issu du mariage (difficile) entre le français Essilor et l'italien Luxottica, indique avoir "enregistré une croissance solide, en ligne avec ses objectifs annuels". Puis "l'activité a commencé à se détérioré en mars, au fur et à mesure du déplacement de l'impact du virus". Le groupe prévient qu'"au cours du deuxième trimestre, le groupe s'attend à ce que le chiffre d'affaires poursuive son ralentissement, avec un impact significatif sur la rentabilité". EssilorLuxottica a suspendu sa production en France et en Italie, mais elle est repartie en Chine. "Nous avons la chance d'avoir une situation de cash très saine, nous ne sommes pas inquiets, puisqu'on a démarré avec à peu près 6 milliards d'euros et la possibilité de pouvoir tirer sur encore 4 milliards", a précisé Hubert Sagnières, vice-Président-Directeur Général délégué d'EssilorLuxottica sur BFM Business. Il a ajouté qu'aucune décision n'avait été prise encore sur le maintien du dividende, alors que les grandes entreprises ayant suspendu le versement de leur dividende sont rarissimes (seuls Airbus et Safran l'ont fait dans le CAC 40), malgré les mesures massives décidées par l'Etat pour soutenir la liquidité des sociétés. Plusieurs ont toutefois reporté leurs AG (Renault, LVMH, Teleperformance, M6, TF1, Bureau Veritas, Sartorius Stedim) - ce qui revient à décaler la décision du versement.
Après les constructeurs automobiles, Moody's dégrade les équipementiers
Alors que le marché automobile est frappé de plein fouet par les mesures de confinement (tant pour l'offre que pour la demande), Faurecia annule lui aussi ses objectifs, annoncés le 17 février (notamment une marge opérationnelle supérieure à 7,2%, son niveau de 2019), et n'en communiquera pas de nouveau avant d'avoir une "visibilité suffisante". L'équipementier (contrôlé pour l'instant à 46% par PSA, qui prévoit de distribuer sa participation à ses actionnaires avant sa fusion avec Fiat Chrysler) indique avoir pris des mesures "drastiques" de contrôle de sa trésorerie et de ses investissements, sachant qu'il n'a pas d'échéance de refinancement importante à court terme. Il a fermé la plupart de ses sites en Europe et des fermetures seront décidées en Amérique, mais le redémarrage est en cours en Chine (à 70% des capacités). "Faurecia a fortement amélioré ses performances opérationnelles et financières au cours des dernières années et sera pleinement en mesure d'accompagner la reprise de la production automobile mondiale le moment venu", précise Patrick Koller, directeur général.
Hier, l'agence de notation Moody's a placé les notes de crédit de 14 fournisseurs européens sous surveillance négative, dont les français Valeo et Faurecia, et en a dégradé six (dont ZF Friedrichshafen, Gestamp Automocion et Grupo Antolin). Cette décision fait suite à une action similaire la veille pour les constructeurs. "L'expansion rapide de l'épidémie de coronavirus provoque un choc de crédit sévère et large chez les équipementiers européens. Nous avons dégradé les notes des entreprise qui se trouvaient déjà fragilisées vis-à-vis de leur note avant même la crise actuelle. Les placements sous surveillance se concentreront sur l'effet [de la pandémie] sur la production, la demande des consommateurs, les mesures de soutien gouvernementales et les mesures prises individuellement par les émetteurs", explique Matthias Heck, responsable de crédit senior chez Moody's.
Autre groupe français significatif ayant abandonné ses prévisions 2020 ce matin, le chimiste Arkema. Il chiffre l'effet cumulé du coronavirus sur son excédent brut d'exploitation à 20 millions d'euros pour les mois de janvier et février.
Safran suspend son dividende, deuxième du CAC 40 après Airbus
Safran avait annoncé jeudi soir le retrait de ses objectifs. Surtout, l'équipementier aéronautique a décidé de ne pas proposer le paiement du dividende au titre de l'exercice 2019, préservant ainsi sa trésorerie d'environ 1 milliard d'euros en juin. Ce n'est que le deuxième membre du CAC 40 à le décider.
Autre mesure de protection de sa liquidité, Safran a mis en place une nouvelle ligne de crédit de 3 milliards d'euros, d'une durée maximale de deux ans, qui vient s'ajouter à sa ligne actuelle de 2,52 milliards, non tirée et arrivant à échéance en décembre 2022.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

