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Dividendes : les banques européennes au pied du mur
Depuis plusieurs jours déjà, le gouvernement français monte le ton sur le sujet des dividendes des entreprises. Après avoir interdit aux entreprises dont l’État est actionnaire d’y avoir recours, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a indiqué ce matin que les sociétés qui ont bénéficié d’aides de l’État ne pourraient pas avoir recours à ces dividendes ni aux rachats d’actions, une forme artificielle de distribution. Pour les banques françaises, cette injonction se cumule à celle de la Banque Centrale Européenne vendredi soir, qui a pour la première fois de son histoire appelé les institutions financières de la zone euro à ne pas verser de dividende au titre de 2019 ou 2020 jusqu’au 1er octobre au moins, "pour accroître la capacité des banques à absorber les pertes et à soutenir les prêts aux ménages". La BCE a elle aussi pris des décisions extraordinaires, en relâchant par exemple les exigences de fonds propres sur les banques de la zone de 120 milliards d’euros, et entend voir cet argent réalloué à l’économie réelle.
Les bons élèves parmi les banques de la zone euro ont entendu le message. Ce lundi, la banque néerlandaise ING a suivi cette recommandation, tout comme ABN Amro. Il en est de même pour les principales banques italiennes (Unicredit, Banca Generali) tandis qu’Intesa Sanpaolo devrait l’annoncer demain. Unicredit, la banque dirigée par Jean-Pierre Mustier, va même plus loin : pour que les fondations d’actionnaires ne manquent pas des ressources nécessaires aux décaissements, la banque va fournir des prêts sans intérêt pour un montant égal au coupon.
L’espagnole Santander avait déjà anticipé la semaine dernière, en annonçant qu’elle reportait ses distributions de l’année à 2021 et les dirigeants ont réduit de 50 % leur rémunération 2020.
D’autres, qui ont provisionné le versement du dividende dans leurs comptes, n’ont pas encore réagi. C’est le cas des banques françaises dans la majorité, qui se réfèrent au vote de ces dividendes dus au titre de 2019 lors de leur prochaine assemblée générale. Lundi, Crédit Agricole a néanmoins indiqué qu'il allait solliciter son conseil d'administration pour décider d'une modification ou d'une suppression de son dividende. Pour le moment, BNP Paribas prévoit encore le versement de 50 % de ses bénéfices, soit 3,8 milliards d’euros, tandis que Société Générale devrait payer 1,8 milliard d’euros de rétribution à ses actionnaires. Enfin, Natixis devait faire voter un taux de distribution supérieur à 80 %, sur un bénéfice de 1,9 milliard d’euros.
Si elles ne sont pas concernées par les instructions de la BCE, les banques britanniques ne sont pas en reste : Barclays, qui a prévu de verser 1 milliard de livres le 3 avril prochain au titre de 2019, sera suivi par HSBC et ses 4,2 milliards de dollars le 14 avril, En mai, RBS doit dépenser 968 millions de livres et Lloyds, 1,58 milliard de livres.
Enfin, la banque suisse UBS a choisi de braver les recommandations de son régulateur : alors que la Finma avait annoncé un programme de 20 milliards de francs suisses en faveur des entreprises et appelé à de la retenue de ses banques, la banque dirigée par Sergio Ermotti a confirmé le versement d’un dividende de 0,73 dollar pour l’exercice 2019 ce matin.
La pression actuelle sur les banques de la zone euro sur le sujet des dividendes se fait en tout cas ressentir sur leur cours de Bourse : dans un marché en recul de 1,6 %, le titre Natixis recule de 7,7 %, suivi par BNP Paribas (-7 %), Crédit Agricole (-4,5 %) et Société Générale (-3,3 %) ce matin en Bourse.
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