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Comment le superviseur britannique a menacé HSBC de représailles si la banque ne renoncait pas à son dividende.

Banques / HSBC / BoE / PRA / Noel Quinn

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HSBC / BoE / PRA / Noel Quinn

exclusif Comment le superviseur britannique a menacé HSBC de représailles si la banque ne renonçait pas à son dividende.

EXCLUSIF. En exclusivité WanSquare publie un courrier de la Prudential Regulation Authority menaçant explicitement HSBC de représailles si la banque ne renonçait pas d’elle-même à son dividende dû au titre de l’exercice 2019.
HSBC - horloge
HSBC - horloge

C’est un véritable bras de fer qui a eu lieu en début de semaine entre les banques britanniques et la Bank of England afin qu’elles renoncent spontanément à la distribution de leur dividende dû au titre de l’exercice 2019. Lundi dernier Sam Woods le gouverneur adjoint de la Bank of England et le patron de fait de la Prudential Regulation Authority, a téléphoné aux dirigeants des cinq grandes banques britanniques afin qu’elles renoncent d’elles-mêmes à distribuer le dividende dû et déjà annoncé à leurs actionnaires pour 2019. Mais au pays du libéralisme, ce superviseur ne voulait surtout pas contraindre par un écrit, et simplement user de son pouvoir de persuasion. Seule la RBS, détenue par le contribuable, a naturellement cédé aux injonctions de ce Sam Woods.

Les quatre autres banques ont toutes adopté la même position : refuser, afin de forcer le superviseur à rédiger une exhortation à ne pas distribuer de dividende. Il faut bien avoir en tête que le dividende a une bien plus grande valeur outre-Manche qu’en France. Elle est souvent la principale rémunération de retraités. Et dans le cas de HSBC qui a longtemps eu son siège social à Hong Kong, c’est même la rente due à de très nombreux petits actionnaires chinois qui possèdent au total le tiers du capital de la banque.

Devant le refus de certaines banques d’obtempérer, Sam Woods a été contraint de prendre sa plume. Et WanSquare a eu accès au courrier qu’il a envoyé au patron de HSBC qui montre que ce gouverneur adjoint n’hésite pas à utiliser à la fois les menaces et le chantage.

 

"Cher Noël,

Merci pour nos discussions de ces derniers jours en réponse aux circonstances exceptionnelles causées par le Covid-19. La Prudential Regulation Authority (PRA) se félicite de l'attention que vous et votre entreprise portez à la suspension des dividendes et des rachats d'actions ordinaires jusqu'à la fin de 2020. Si votre conseil d'administration prenait une telle décision, la PRA l'accueillerait publiquement avec plaisir.

Je vous écris également pour vous demander d'annuler le paiement de tout dividende de 2019 non versé.

La PRA s'attend également à ce que les banques ne versent pas de primes en espèces aux cadres supérieurs, y compris à tous ceux qui prennent des risques importants, et est convaincue que les conseils d'administration des banques envisagent déjà et prendront toute autre mesure appropriée concernant le paiement et l'acquisition des rémunérations variables au cours des prochains mois.

Veuillez confirmer à la PRA avant 20 h 00 aujourd'hui si votre groupe est prêt ou non à accepter cette demande. La PRA est prête à envisager l'utilisation de ses pouvoirs de contrôle si votre groupe n'accepte pas de prendre de telles mesures.

Nous attendons de vous que vous fassiez une déclaration d'ici 21 heures et la PRA publiera sa propre déclaration à ce moment-là. Vous trouverez ci-dessous un projet de texte d'une déclaration de la PRA et la formulation possible de votre déclaration, en fonction de vos décisions sur ces questions.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.

Sam Woods

Vice-gouverneur et directeur général de la Prudential Regulation Authority"

 

Finalement mardi soir, les banques ont annoncé qu'elles annulaient le paiement de leurs dividendes de 2019 et retenaient les dividendes et les rachats de 2020, dans une série d'annonces coordonnées avec la BoE. Ce qui a eu pour effet de faire plonger les titres de ces banques et de faire perdre aux actionnaires, davantage en valeur boursière, que ce qu’ils auraient reçu en dividendes. De toute cette semaine, le gouvernement populiste de Boris Johnson, qui est naturellement derrière toute cette agitation, ne sort pas grandi.

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