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Politique européenne / Brexit / Boris Johnson

Politique européenne
Brexit / Boris Johnson

Brexit : le Covid peut-il rebattre les cartes des négociations ?

Les négociations sur le Brexit reprennent aujourd'hui après de longues semaines de flottement liées à l'épidémie. Le Royaume-Uni pourrait être contraint de prolonger la période de transition au-delà de décembre.
Van der Leyen Boris Johnson
Van der Leyen Boris Johnson

Le Premier ministre britannique n'a pas encore repris le travail, après avoir été hospitalisé et admis en service de réanimation à Londres, en raison de son infection au Covid-19. Boris Johnson, tout comme le négociateur en chef du Brexit Michel Barnier et son homologue anglais David Frost ont été contaminés par le virus, qui a naturellement largement ralenti les négociations sur la sortie définitive de la Grande-Bretagne de l'UE.

Car cela ne fait finalement qu'un peu plus de deux mois que Westminster a donné son feu vert au Brexit, après trois ans et demi de discussions et de divisions politiques internes. Après un premier round de négociations avec les 27 début mars sur l'avenir commercial du pays post-période de transition, les discussions ont été interrompues pendant six semaines alors que les 27 Etats de l'UE, tout comme la Grande-Bretagne, ont été confrontées à l'urgence de la crise sanitaire.

C'est aujourd'hui néanmoins que les négociations sur le sujet reprennent entre les États de l'UE et le Royaume-Uni, par visioconférence, sans que l'on sache encore vraiment ce que les prochains mois réserveront tant du point de vue des attentes des deux camps, que de leur capacité réelle à atteindre un compromis dans le temps imparti. Rappelons que la période de statu quo, censée permettre aux entreprises britanniques et à celles du Vieux Continent de se préparer à la sortie, se termine le 31 décembre 2020. Sachant que les deux parties ont jusqu’à fin juin pour demander une prolongation de cette période de transition.

Début février, la plupart des experts estimaient qu'un accord commercial strict, couvrant les marchandises pourrait éventuellement être trouvé d'ici la fin du mois de décembre. À condition que le Royaume-Uni et l'UE se mettent d'accord sur certaines questions clés. La pêche et les services financiers font naturellement partie de ces sujets centraux. Mais la principale pierre d'achoppement concernait alors l'équité des conditions de concurrence sur le long terme. L'UE a estimé ainsi que l'accord devra assurer le respect de "normes communes élevées" en prenant celles de l'Union "comme un point de référence". Sont concernées notamment les aides d'État, les normes sociales et du travail, les normes environnementales, le changement climatique ou encore les questions fiscales. Or la Grande-Bretagne a déjà fait savoir qu'elle ne négocierait aucun arrangement où le Royaume-Uni n'a pas le contrôle de ses propres lois et de sa vie politique.

Désormais, le contexte a littéralement changé. En février le temps imparti était serré, comme la présidente de la Commission l'avait fait savoir à plusieurs reprises, incitant la Grande-Bretagne à demander le report. Deux mois plus tard, plus de 2,4 millions de cas du Covid ont été recensés dans le monde, dont près de 122.000 au Royaume Uni, où le virus a déjà plus de 16.000 morts. "Le temps et les ressources disponibles pour parvenir à un accord sont clairement réduits", explique ainsi James Smith, économiste chez ING. Car non seulement les fonctionnaires et fonds publics destinés aux négociations ont été réquisitionnés pour gérer l'urgence de la crise, mais le Brexit "ne figure clairement plus en haut de la liste des priorités", poursuit l'économiste. Ensuite, les entreprises, chamboulées par une crise économique sans précédent n'auront elles non plus pas le temps et les ressources pour se préparer au changement de normes qu'impliquerait un Brexit, avec ou sans accord d'ici 8 mois.

Mais selon James Smith, le principal élément qui risque d'entraîner le report de la période de transition est directement lié au Covid-19 : "Bien que les blocages soient susceptibles d'être progressivement levés dans le courant du trimestre, de nombreux scientifiques s'attendent à de futures épidémies. Si cela devait coïncider avec la fin de la période de transition pendant l'hiver, cela pourrait être profondément perturbateur ", explique l'économiste. D'autant qu'un quart des approvisionnements anglais liés à la lutte contre l'épidémie provient de l'UE. Il ne serait donc vraiment pas opportun de sortir au moment où le pays subit une seconde vague, si celle-ci a lieu bien sûr.

 

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