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Bolloré accentue sa pression sur Lagardère

Dirigeants, gouvernance / Vivendi / Vincent Bolloré / Lagardère / Arnaud Lagardère

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Vivendi / Vincent Bolloré / Lagardère / Arnaud Lagardère

exclusif Bolloré accentue sa pression sur Lagardère

EXCLUSIF. Le groupe Vivendi qui affichait détenir un peu moins de 11 % du capital de Lagardère avant l’assemblée générale du 5 mai a repris ses achats dès le 6 mai au point de détenir une participation désormais deux fois supérieure à celle d’Arnaud Lagardère…
Arnaud Lagardère
Arnaud Lagardère

Arnaud Lagardère, dont l’un des derniers métiers est d’éditer des livres à travers notamment Hachette, serait bien inspiré de relire l’Énéide de Virgile en latin dans le texte. Il y trouverait ce conseil avisé qui n’a pas pris une ride : "Timeo Danaos et Dona Ferentes" à propos du don fait par les Grecs aux Troyens du fameux Cheval de Troie. Phrase qui peut donner lieu à différentes traductions. Mais si l’on se réfère au Dictionnaire Gaffiot que j’ai ressorti pour l’occasion, cette sentence qui a traversé les siècles signifie : "Je crains les Grecs surtout lorsqu’ils font des cadeaux". Le Troyen qui s’était méfié de voir arriver dans la cité de Troie le fameux Cheval rempli de soldats grecs était particulièrement bien éclairé.

Comme cadeau, Vincent Bolloré a assuré Arnaud Lagardère qu’il achèterait avant l’assemblée générale du 5 mars 10 % du capital du groupe Lagardère, de manière à voter contre les résolutions d’Amber. Et effectivement sans cette seule participation, et l’abstention très probable d’Amundi, filiale du Crédit Agricole, banquier personnel d’Arnaud Lagardère, ainsi que de la Caisse des Dépôts, après ordre venu du "Château", les résolutions du fond britannique étaient adoptées haut-la-main.

Ce statu quo dans la gouvernance de Lagardère qui a été accueilli par une lassitude des investisseurs et donc une forte chute du titre (dans un marché en nette hausse) a permis à Vivendi – donc Vincent Bolloré - d’acheter une part supplémentaire du capital représentant 2,5 % de celui-ci. Si bien que par un courrier adressé à l’AMF dès le 7 mai, Vivendi a déclaré avoir franchi en hausse, le 6 mai 2020, le seuil de 10 % des droits de vote de la société Lagardère et détenir 17 522 199 actions, soit 13,36 % du capital et 10,002 % des droits de vote de cette société.

Dans cette même missive Vivendi précise qu’elle a l’intention de poursuivre au cours des six mois à venir ses achats sous réserve des conditions de marché, qu’il s’agit d’un placement financier à long terme témoignant de sa confiance "dans les perspectives de ce groupe français, fort de positions de leadership international dans ses principaux métiers et qui traverse, comme beaucoup d’autres, une période difficile" Par ailleurs le groupe présidé par Yannick Bolloré indique qu’il n’a pas l’intention d’acquérir le contrôle de Lagardère, qu’il n’envisage pas d’exercer d’influence sur les choix stratégiques actuels du groupe et qu’il n’envisage pas de demander sa nomination ou celle d’une ou de plusieurs personnes comme membre du conseil de surveillance de Lagardère.

Il reste que l’encre du procès-verbal de l’assemblée générale, entérinant la complète perte d’autonomie d’Arnaud Lagardère, était à peine sèche que Vivendi augmentait de 20 % sa participation, montrant bien qu’il n’était pas là uniquement pour jouer les faire-valoir le temps d’une assemblée générale délicate. Comme il l’a fait chez Delmas, puis chez Rivaud, chez Havas et enfin chez Vivendi, l’industriel breton va faire preuve d’une grande patience avant que le fruit mûr tombe directement dans son escarcelle. Et cela sera d’autant plus facile qu’il détient d’ores et déjà deux fois plus de titres que celui qui l’a appelé à l’aide… !

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