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Politique monétaire / Banque d'Angleterre / Taux directeurs

Politique monétaire
Banque d'Angleterre / Taux directeurs

La Banque d'Angleterre au chevet de son économie

La BoE a annoncé une hausse de son programme d'achats d'actifs de 100 milliards de livres, qui représente donc désormais 745 milliards. Un soutien monétaire nécessaire vu l'effondrement du PIB attendu pour cette année.
Banque d’Angleterre (BoE) - Londres
Banque d’Angleterre (BoE) - Londres

Tout comme la BCE, qui a annoncé il y a quelques jours une hausse de son programme d'achats d'actifs, la Banque d'Angleterre a décidé d'augmenter la voilure. Et dévoilé ce matin à l'occasion de sa réunion de politique monétaire une augmentation de 100 milliards de livres du plafond de son QE (quantitative easing). Un montant conforme aux attentes des analystes et qui devrait contribuer à amortir le choc économique lié à l'épidémie, après les chiffres désastreux du mois d'avril. "Après la chute sans précédent du PIB, de 20,4% en avril et de 6% en mars, et les risques à la hausse pour l'économie britannique à l'approche du Brexit, il n'est pas étonnant que la BoE ait augmenté sa puissance de feu", commente ainsi Christopher Dembik, directeur de la recherche macro chez Saxo Bank. Deux des gouverneurs britanniques, J. Haskel et M. Saunders avaient même déjà voté pour une hausse du programme de rachats de titres de 100 milliards lors de la dernière conférence de politique monétaire. Le programme d'achats de titres de la Banque d'Angleterre atteint donc désormais 745 milliards, dont 200 milliards instaurés en mars au moment du confinement et 100 milliards de plus dévoilés aujourd'hui donc.

La Vieille Dame de la rue Threadneedle a toutefois employé un ton légèrement moins alarmiste que lors de la dernière réunion : "les données récentes suggèrent que la chute du PIB mondial au deuxième trimestre 2020 sera moins sévère que ce qui avait été prévu lors du Rapport sur la politique monétaire de mai", expliquent ainsi les gouverneurs dans le communiqué. "On observe des signes de reprise des dépenses de consommation et de la production de services, suite à l'assouplissement des restrictions de l'activité économique liées à Covid", poursuit la BoE. Preuve de ce léger regain de confiance, la BoE a décidé, sans le dire explicitement, de ralentir le rythme des rachats mensuels, qui était jusqu'à présent de 13,5 milliards de livres par mois et qui devrait être réduit de moitié, autour de 4 milliards. En effet la BoE a déclaré que ses achats devraient durer jusqu’à fin décembre. Or si elle avait maintenu ses achats au rythme adopté jusqu'à présent, elle serait venue à bout du programme d'ici début septembre.

Si un des gouverneurs, sans doute plus optimiste, a voté contre la hausse du programme de rachats de titres, la majorité des membres du comité de politique monétaire est restée prudente, comme le souligne le verbatim du communiqué. "Des risques de dégradation des perspectives mondiales subsistent toutefois, notamment en raison de la propagation du Covid-19 dans les économies de marché émergentes et du retour à un taux d'infection plus élevé dans les économies avancées", notent ainsi les gouverneurs. La prochaine réunion de politique monétaire aura lieu le 6 août. À cette date, les gouverneurs pourraient donc prendre des mesures supplémentaires en fonction de l'évolution de la situation.

Le consensus table sur une nouvelle augmentation du programme de rachat : "nous tablons sur une hausse supplémentaire de 250 milliards de livres", explique ainsi Thomas Pugh, économiste UK chez Capital Economics. En revanche, peu d'analystes misent sur un passage des taux directeurs en territoire négatif : les gouverneurs ont aujourd'hui décidé de les maintenir à 0,1% et il n'a pas été question de les abaisser. "Nous pensons que le passage des taux en territoire négatifs figure tout en bas de la liste des instruments que les gouverneurs choisiront pour relancer l'économie", explique ainsi James Smith, d'ING. Selon lui, une option serait d'ajuster le taux auquel les banques se financent dans le cadre du Term Funding Scheme (TFS), en offrant des taux plus bas à celles, qui accepteraient d'augmenter leurs crédits aux PME. Une solution adoptée par la BCE fin avril dans le cadre de ses opérations de refinancement ciblée et non ciblée (TLTRO et PLTRO).

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