Macro-économie / Taux / Arabie saoudite
Macro-économie / Taux
Arabie saoudite
Gérard Mestrallet tisse les liens entre Paris et Riyad
Entre 50 et 100 milliards d’euros. C’est la somme investie par l’Arabie Saoudite dans le développement de la région d’AlUla (Nord-Ouest du Royaume), développement dans lequel la France est impliquée à travers un traité signé par Emmanuel Macron et Mohamed Ben Salmane en avril 2018. Naît alors trois mois plus tard l’Agence française pour le développement d’ALULA, AFALULA, présidée par Gérard Mestrallet. A capitaux 100% français, l’Agence reçoit toutefois une contribution de Riyad pour les frais de gestion et multiplie les interactions avec le ministère de la culture. C’est sur le tourisme que Mohamed ben Salmane a décidé de miser pour développer la région, mais un certain tourisme.
Car le projet, qui s’inscrit dans le plan Arabie Saoudite Vision 2030 et est mené par la Commission Royale pour AlUla, place la culture au centre. Il prévoit d’ici 2035 d’atteindre les 2 millions de visiteurs par an et de faire passer la ville d’AlUla de 45.000 à 100.000 habitants. Jouissant de panorama exceptionnels, la région possède aussi trois sites archéologiques majeurs, avec notamment plus de 50 archéologues français sur place. La réussite de l’exposition "AlUla, merveille d'Arabie, l'oasis aux 7000 ans d'histoire" à l’Institut du monde Arabe, qui avait été prolongée, en dit assez sur la richesse historique et culturelle de la région. Pas moins de huit musées sont prévus, avec un achèvement de leur construction programmée en 2023 pour quatre d’entre eux, et Gérard Mestrallet de rassurer : "l’Arabie Saoudite ne souhaite pas ralentir le projet ".
Ainsi, la pandémie du coronavirus et la crise économique, qui ont fait dégringoler le prix du pétrole, n’ont pas entaché la volonté du royaume. L’ancien PDG d’Engie a d’ailleurs précisé que "près de 1.000 visioconférences ont été menées avec Riyad pendant le confinement. Cela nous a presque encore plus rapproché". Au-delà des échanges culturels – 24 jeunes saoudiens ont pu profiter d’une formation en cuisine dans l’école Ferrandi -, Gérard Mestrallet se démène à "faire en sorte que la vague d’entreprises françaises qui s’engagent sur ce projet grandisse". 8 pôles d’expertise ont été constitués dans l’agence avec la culture & patrimoine, le tourisme & hôtellerie ou encore l’eau & environnement (pour une gestion durable). Les opportunités sont nombreuses pour que les entreprises témoignent non seulement de leur savoir-faire mais remportent aussi des appels d’offre. Ainsi, le pôle d’expertise de l’agriculture, dirigé par Stéphane Forman, voit travailler ensemble 5 institutions publiques de recherche avec 6 PME françaises.
Symbole de la transformation et de la modernisation de la société saoudienne, le projet vise aussi à "faire révéler l’histoire préislamique " du Royaume à ses habitants. Pour autant, les efforts sont faits pour la clientèle étrangère : le tourisme sera totalement libre sans nécessité de passer par un tour opérateur. Après avoir annoncé la création de visa tourisme à 49 pays, l’ouverture est en bonne voie pour le Royaume. D’autant plus que les idées ne manquent pas : un projet vise à numériser certains sites pour pouvoir les visiter, un autre à relier le littoral par "l’Orient-Express" à travers les montagnes… Reste à savoir si, après la venue de Jean-Yves Le Drian, Franck Riester et Bruno Le Maire, les nouveaux ministres (ou anciens confirmés) viendront de nouveau voir la réalisation de la première partie du projet prévue pour octobre prochain avec l’ouverture de la vieille ville.
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