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Série d'été : Ils et elles vont construire le monde d'après - François Roth

Feuilleton de l'été / Colonies / Essec / Immobilier / coliving / François Roth

Feuilleton de l'été
Colonies / Essec / Immobilier / coliving / François Roth

Série d'été : Ils et elles vont construire le monde d'après - François Roth

Trois amis se rencontrent sur les bancs de l’ESSEC, créent un nouveau concept de colocation, et révolutionnent en France l’expérience du logement collectif.   
François Roth / DR
François Roth / DR

François Roth s’exprime au nom du groupe. Il est dans un train en route pour le Luxembourg, nouveau pays européen conquis par le concept de Colonies, que lui et ses partenaires ont créé il n’y a pas quatre ans. 

François Roth, Amaury Courbon et Alexandre Martin se sont rencontrés en première année à l’ESSEC. A l’époque en résidence étudiante, ils poursuivent ensuite leur parcours scolaire aux quatre coins du monde, en stage ou en échange universitaire. De retour à Cergy, ils décident d’investir dans l’immobilier ensemble et d’y créer “la coloc rêvée” : le but était de fournir aux étudiants de passage un logement entièrement meublé, équipé, sans charges supplémentaires pour Internet ou l’électricité. Plus besoin de se déplacer pour acheter des meubles se revendant mal, plus de démarches chronophages d’abonnement et de résiliation de box internet, plus de frais annexes au loyer. “Nous demandions un loyer un peu plus cher que le marché, mais au final sur une année scolaire, notre offre était beaucoup plus rentable”. La preuve en est que l’appartement se loue très bien et que les locataires sont très satisfaits. 

A la sortie de l’ESSEC, les trois amis se spécialisent, prennent des voies professionnelles différentes. Alexandre part chez Rotschild dans la finance, Amaury fait de l’analyse en venture capital puis du management, François pour sa part a emprunté la filière droit, et se dirige vers le domaine de l’immobilier. Immanquablement, ils sont amenés à réaliser des voyages professionnels. Lors de ces voyages aux quatre coins du monde naît le même constat pour les trois amis : il est très difficile, lorsque l’on est à l’étranger ou dans une ville française pour un temps limité, d’une part de trouver facilement un logement, d’autre part de rencontrer du monde. 

Tentés par l’expérience entrepreneuriale, sentant qu’ils peuvent tirer de ce problème une solution innovante, repensant à leur concept innovant de colocation cergyssoise, les trois jeunes démissionnent et se dédient à leur nouveau projet : après un voyage inspirant aux Etats-Unis, où Welive fait déjà un carton, et l’établissement de leur business plan, assez rapidement leur concept est mis au point. L’idée attire : au bout de 4 ou 5 mois, ils arrivent à une levée de fonds d’un million d’euros, ce qui leur permet d’employer leurs premiers collaborateurs. Ils gagnent de nombreux concours, et peuvent vite envisager de s’installer non seulement en France, mais aussi dans plusieurs pays d’Europe. 

La clé du succès de Colonies ? D’avoir savamment mêlé espaces individuels et partagés : “Notre concept, c’est d’offrir les avantages d’une colocation, avec plus d’espaces privés”. Dans un premier temps, l’offre est dédiée aux jeunes qui entrent dans la vie active, pour qui les prix de l’immobilier et la solitude peuvent être trop lourds. Ce que propose Colonies, c’est donc d’avoir un studio tout à fait privé, mais ancré dans plusieurs espaces partagés, avec une offre de services (salle de sport, jardin, rooftops). “ Grâce à la mutualisation et à l’entraide, on offre un confort très recherché à des prix record ”.

Très vite, les fondateurs de Colonies se rendent compte que le concept peut être adapté à différents profils : pour les jeunes à peine sortis d’école, les prix sont bradés pour des studios de surface moins importante. Pour les couples avec un ou deux enfants, des appartements plus grands avec davantage de services sont proposés.

Pas étonnant que l’idée plaise et qu’elle commence à faire de l’oeil à nos voisins européens : Colonies permet aussi aux étrangers de passage pour quelques mois de s’intégrer plus facilement. La population est jeune (la moyenne d’âge est de 30 ans), active pour la grande majorité, et très cosmopolite : “nous sommes sur une base de 50% de locaux et 50% d’étrangers, que ce soit dans nos logements en Allemagne ou en France”.

Les projets pour le futur seront d’étendre encore leurs cibles en se concentrant sur des populations qui verraient vraiment leurs vies changées avec ce concept. A l’avenir, ils aimeraient développer une offre pour les familles monoparentales, avec des crèches, des salles de jeux, une mise à disposition de nounous… "tout pour aider les parents seuls à s’épanouir professionnellement ”, projette François. “On aimerait bien aussi commencer à s’intéresser aux logements sociaux, car notre concept est idéal pour les personnes en rupture affective et sociale”.

Des projets d’expansion rationnels au regard de la croissance de l’entreprise, qui emploie aujourd’hui près de 50 personnes, en est à 192 millions d’euros levés et compte bientôt s’installer en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et aux Pays-Bas. Même la crise de la Covid-19 a représenté selon François Roth un avantage pour Colonies : “Cette crise a été pour nous un ‘stress-test’ où nous avons pu démontrer que notre projet tenait la route et que nous étions résilients. Aujourd’hui, nos chiffres sont très bons”. Contrairement aux espaces de coworking qui ont souffert de la pandémie, le coliving a en effet gardé des taux d’occupation proches de 100%. Un chiffre qui convaincra, François Roth l’espère, de plus en plus d’investisseurs en recherche de nouvelles opportunités dans l’immobilier.

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