Publications, Résultats / industrie / médical / Sanofi
Publications, Résultats
industrie / médical / Sanofi
Sanofi sort du lot
Hasard de calendrier, Sanofi et GSK ont annoncé ce matin avoir signé un accord avec Londres pour lui fournir 60 millions de doses de vaccins contre le Covid 19, le jour où l'entreprise pharmaceutique française présentait ses résultats pour le deuxième trimestre 2020. Et contrairement à ce qu'il serait aisé de penser, le secteur pharmaceutique a lui aussi souffert de l'épidémie qui sévit depuis maintenant plus de six mois dans le monde. Certes, l'entreprise vend des médicaments et des vaccins, dont on aurait pu penser qu'ils seraient achetés plus massivement dans le contexte de la pandémie. Mais les patients ont en réalité reporté leurs décisions d'aller chez le médecin et vécu sur leur stock de médicaments pendant le confinement. De même, les ventes en médecine générale ont, elles, reculé en raison notamment du déstockage et du report des interventions chirurgicales non urgentes lié au confinement. Enfin, les ventes de vaccins ont également baissé, notamment du fait de la forte baisse des ventes de vaccins aux États-Unis et à l'effondrement des vols internationaux, qui ont entraîné une chute des vaccinations liées aux voyages.
Conséquence de tout cela, le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 4,9% entre avril et fin juin (et -3,4% à taux de change constants) pour s'établir à 8,2 milliards d'euros, soit un chiffre inférieur à celui prévu par le consensus. "Les revenus de Sanofi sont légèrement en dessous des anticipations de marché. Ils ont diminué en raison des mesures de confinement et de l'effet déstockage, qui ont impacté les ventes de vaccins (-6,8%), celles de la branche médecine générale (-12%) et celles de la santé grand public (-8%)", expliquent ainsi les analystes d'Alphavalue. Au final, seules les revenus de la branche médecine de spécialité ont progressé (de 17,4%), soutenus par la solide performance de Dupixent, traitement phare du groupe, indiqué dans le traitement de la dermatite atopique dont les ventes ont progressé de 70%, grâce à une très forte hausse des prescriptions aux États-Unis.
En termes géographiques, l'Europe est le continent où les ventes ont le plus reculé au deuxième trimestre, de -10,8%, alors que les revenus du groupe sont restés stables aux États-Unis sur la même période, les solides résultats de Dupixent et du traitement contre la sclérose en plaques Aubagio ayant contribué à atténuer les baisses des ventes liées à la pandémie. En Chine, le chiffre d'affaires a baissé de -10,2% et de -13,3% au Japon, en raison de la baisse des ventes des produits de prescription et de l'activité Santé Grand Public.
Malgré ce recul des ventes, le groupe est parvenu à afficher un résultat d'exploitation en hausse de 3,3%, à 2,14 milliards d'euros, grâce à des mesures d'économies (990 millions d'euros ont été réalisés sur le premier semestre, soit près de la moitié des économies que le groupe s'est fixées pour objectif d'ici 2022). Des réductions de coûts réalisées tant dans ses effectifs (mesures de chômage partiel notamment) que dans ses dépenses en R&D, en raison d'une stratégie de "déprioritisation" des investissements, notamment dans le diabète et les maladies cardiovasculaires. Rappelons par ailleurs que le groupe a annoncé en mai dernier sa volonté de supprimer 1.700 postes en Europe sur trois ans, dont près d'un millier en France, en particulier dans les fonctions support et commerciales.
L'entreprise a également dévoilé un bond de son bénéfice net au deuxième trimestre, de 7,6 milliards d'euros, contre une perte de 87 millions sur la même période l'an dernier. Une hausse de son résultat net principalement liée à la vente en mai dernier de sa participation dans la biotech américaine Regeneron, qui lui a permis d'empocher 11 milliards d'euros et qu'il pourrait réinvestir dans d'autres entreprises médicales à fort potentiel. Paul Hudson, le nouveau directeur général entré en fonctions il y a un an avait en effet annoncé lors de sa prise de poste qu'il souhaitait redynamiser le groupe en se concentrant sur des domaines à forte croissance. Fin juin, Reuters avait d'ailleurs annoncé que Sanofi cherchait à acquérir la biotech américaine Principia Biopharma, afin de se renforcer dans les traitements innovants.
Fort de ces résultats, le groupe, dont le bénéfice net par action de ses activités (BNPA, hors revalorisation des actions Regeneron) a progressé de 3,2% à 1,28 euro par action au deuxième trimestre, a relevé ses prévisions sur l'année, de 6% à 7% contre 5% initialement prévues. Le groupe mise ainsi sur un retour des patients post-confinement et donc de la hausse de la demande de médicaments, ainsi qu'un retour progressif vers la normale des interventions chirurgicales. Le groupe anticipe aussi une très forte hausse des ventes de vaccins contre la grippe dans l'hémisphère nord. La vente de vaccins destinés aux voyageurs devrait en revanche continuer d'être affectée par le ralentissement des vols.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

