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Société Générale, produits structurés, banque

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La SocGen affirme avoir tourné la page

Après avoir réorganisé son portefeuille de produits structurés risqués, cause de ses pertes ce semestre, le groupe bancaire mise plus que jamais sur la réduction des coûts dans tous les métiers.
Frédéric Oudéa
Frédéric Oudéa

L’année 2020 a bien mal commencé pour la Société Générale, ses pertes dans les produits structurés, provoquées par les conséquences de la crise sanitaire sur les marchés financiers, ayant plombé ses comptes pour les deux premiers trimestres. Mais la banque estime que les mesures qu’elle a prises lui permettront de rebondir dès le troisième trimestre.

"Nous avons mis beaucoup de mauvaises nouvelles derrière nous au cours de ces derniers mois", a ainsi commenté Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale, lors de sa conférence téléphonique. Ainsi, la banque a achevé la revue stratégique des produits structurés, qu’elle avait lancée en avril dernier suite à sa mésaventure.

Après un déficit surprise de 326 millions d’euros affiché au premier trimestre, les 1,26 milliard d’euros perdus par le groupe au trimestre suivant proviennent encore de sa mésaventure dans les produits structurés, qui l’ont amené à réviser "la trajectoire des activités de marchés et de services aux investisseurs". Concrètement, cette révision a conduit la Société Générale à passer une dépréciation de l’écart d’acquisition de 684 millions d’euros et une dépréciation du stock d’impôts  différés d'actifs pour 650 millions.

Mais il s’agit de deux éléments exceptionnels "non cash", purement comptables, et qui, de ce fait, n’affecteront pas ses ratios de solvabilité réglementaires – le ratio CET1 notamment atteignait 12,3% au 30 juin (contre 12,6% à la fin du premier trimestre), soit 330 points de base au-dessus de l’exigence réglementaire. En dehors de ces éléments, la Société Générale afficherait un bénéfice net de 70 millions d’euros – montant qui souffre toutefois la comparaison avec les résultats solides de BNP Paribas publiés vendredi.

A la suite de quoi la Société Générale a revu son portefeuille de produits pour en réduire le profil de risque. "Nous conserverons une part de marché de 10% dans les produits structurés [soit le top 3 mondial], avec une gamme différente nous permettant de réduire de 50% l’impact potentiel d’une dislocation de marché similaire" à celle que les marchés financiers ont vécu avec la crise sanitaire, précise Frédéric Oudéa. Ce qui provoquera un manque à gagner de 200 à 250 millions d’euros en revenus, mais qui sera compensé par 450 millions d’euros de réduction des coûts d’ici à 2022 ou 2023, a ajouté le dirigeant.

Ce programme s’ajoute aux nombreux plans d’économies déjà engagés, comme dans la banque de détail (annoncés en 2015, 2017 et 2019), dans leurs métiers de banque d’investissement et de banque privée (annoncé l’année dernière et pour un montant de 500 millions d’euros), mais aussi dans ses réseaux de banque de détail internationale (annoncé en 2019) et l’informatique.

Il a été l’occasion pour l’établissement de revenir plus en détail sur ses intentions et ses réalisations. Plutôt que de détailler les programmes de baisses de coûts métier par métier, la Société Générale entend désormais ne communiquer qu’en termes de frais généraux. Et en l’occurrence, ceux-ci ont reculé de 9,6% au deuxième trimestre sur un an glissant, portant la baisse à 5,8% au premier semestre par rapport à la même période en 2019. "Tous les métiers présentent des coûts en forte baisse sur le trimestre : -8,5% dans la Banque de détail en France, -7% dans la Banque de détail et services financiers internationaux et -18% de la banque de Grande clientèle et solutions investisseurs", explique le groupe dans son communiqué. Un "contrôle des coûts meilleur qu’attendu", souligne Lorraine Quoirez, analyste chez UBS.

L’objectif de frais généraux pour l’année 2020 se situe à 16,5 milliards d’euros. Il se compare à 17,4 milliards en 2019 et à 17,6 milliards en 2018. La réduction des frais de gestion est la "priorité numéro un" de la Société Générale "en 2020 et à moyen terme". L’action de la banque reculait de 1,8% à la Bourse de Paris vers 15h00.

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