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Start-up / Private Equity

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La crise du coronavirus n’empêche pas les méga LBO

Hg, TPG et Warburg Pincus viennent d’annoncer un LBO sur le groupe suédois de logiciels RH Visma pour plus de 10 milliards d’euros. Une opération historique dans ce secteur qui montre que les fonds passent à l’action malgré la pandémie, et parviennent à financer des deals de grande ampleur.
Billets échiquier
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La mauvaise réputation faite au private equity, qui ne garderait ses participations que quatre à cinq ans avant de les revendre au plus offrant, a du plomb dans l'aile quand on analyse certains deals. Tel est le cas de Visma, un groupe suédois de logiciels SaaS pour les entreprises (RH, comptabilité etc) qui vient d’être vendu au fonds britannique Hg, accompagné de TPG Capital et Warburg Pincus, pour la coquette somme de 110 milliards de couronnes, soit 10,3 milliards d’euros. Or, Hg connaît bien l’entreprise pour avoir été le fonds qui l’avait sorti de la Bourse d’Oslo en…2006. Quatorze ans plus tard, il prend une majorité de 54 % des parts, et remplace au capital le français Montagu, qui était lui-même actionnaire depuis 2010.

Cette opération est d’une taille sans précédent : selon Preqin, il s’agit du plus gros LBO de logiciels de l’histoire. Surtout, personne n’attendait une transaction de private equity de cette ampleur dans l’environnement actuel de pandémie. Pour rappel, les fonds Advent et Cinven avaient signé le rachat des ascenseurs Thyssenkrupp fin février, juste avant la propagation du coronavirus, pour 17,2 milliards d’euros. Fin mai, Cinven avait demandé à ses investisseurs une dérogation à la règle selon laquelle il n’a pas le droit de détenir plus de 15 % de son fonds – un véhicule de 10 milliards d’euros closé début 2019 – dans une seule société, étant donné qu’il n’avait pas encore fait entrer de nouvel investisseur au tour de table. Depuis, le groupe a levé plus de 4 milliards d’euros d’obligations high yield sur les marchés pour financer sa reprise par les deux fonds, et l’opération a été finalisée fin juillet.

Le fait que ce LBO ait réussi à se financer sur les marchés, alors qu’il a été conclu juste avant la crise à des multiples très élevés – soit 2,2 fois ses revenus et 17,3 fois son Ebitda – est de bon augure pour de nouvelles transactions en Europe. De son côté, le groupe Visma affiche une croissance de long terme – une augmentation annuelle moyenne de 19 % de ses revenus et de 23 % de son Ebitda sur 15 ans – et fait partie des gagnants de la crise. Les logiciels SaaS sont de plus en plus prisés par les entreprises, un effort de digitalisation qui s’est accéléré dans la situation actuelle.

Le LBO géant de Visma pourrait en tout cas redorer le blason du private equity européen, qui était en berne au premier semestre en raison des effets de la pandémie sur l’activité : selon PitchBook, il a reculé de 18,7% à 79,8 milliards d’euros mais de 31,5 % en volume à 650 opérations, signe que quelques grosses transactions, comme celle de Thyssenkrupp, ont tiré ces chiffres. Autre facteur d’importance, les fonds ont levé des sommes record ces dernières années et vont être obligés de mettre tôt ou tard cet argent au travail, ce qui devrait porter le marché du private equity dans les prochains mois, sous réserve qu’une nouvelle vague de contaminations ne porte un nouveau coup d’arrêt à l’économie.

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