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Private equity : les acteurs doivent aussi se mobiliser
Alors que la Bourse enfonçait des niveaux techniques de correction, c’est aussi le non coté, certes moins médiatisé, qui est tout aussi directement touché par la crise du coronavirus. "L’activité des deals est arrêtée, mais aussi en grande partie le secondaire", apprend-on d’un acteur du marché. Si la plupart des fonds respectent leur signature, quelques-uns pourraient remettre en cause leurs opérations récentes. Cela sera plus facile aux États-Unis qu’en Europe, où la clause MAC (Material Adverse Change) permet de remettre en cause un deal en raison de cas de force majeure, catégorie dans laquelle pourrait figurer la crise du coronavirus.
Pour les participations existantes dans les portefeuilles des fonds, la crise est inédite dans la plupart des secteurs, l’aérien et l’hôtellerie en tête bien sûr. Cela va créer une pression inédite sur leur bilan, d’autant que les affaires s’échangeaient à des multiples historiques record ces derniers mois, soit près de 11 fois l’Ebitda en Europe et plus de 12 fois aux États-Unis. Le gouvernement français a déjà voulu prévenir l’assèchement du crédit bancaire, en offrant 300 milliards d’euros de garantie sur les prêts bancaires. Si aucun cas critique n’est pour l’instant rapporté, les LBO vont devoir inévitablement reporter leurs échéances de remboursement, et même dans la plupart des cas, organiser une restructuration financière qui nécessitera aussi de nouveaux apports en equity de la part des fonds. Des mesures essentielles pour éviter qu’un nouveau "mur de la dette", comparable à celui des LBO après la crise Lehman Brothers, ne s’érige, mais les fonds en ont heureusement les moyens.
Mais le non coté, qui bénéficie aussi de son caractère plus acyclique et long-termiste, a une carte à jouer. De sources de marché, quelques deals secondaires ont même été "repricés" en raison des circonstances actuelles, mais tout de même conclus. Les pires années des marchés sont les meilleures années pour l’investissement, affirme le dicton. Et les fonds pourraient rapidement se positionner pour tirer parti de points d’entrée et de prix de revient exceptionnels. D’autant qu’ils peuvent piocher dans la cagnotte historique de poudre sèche (l’argent levé mais pas encore investi par les fonds), qui a atteint 1.300 milliards de dollars en 2019 selon PitchBook.
Reste le problème du financement : début mars, seuls 860 millions de dollars de prêts à effet de levier ont été émis, alors même que le niveau était encore à 81 milliards de dollars fin janvier, selon les données de LCD. C’est toute la chaîne du crédit qui pourrait donc se gripper, alors même que le spectre des défauts est encore peu réaliste : selon Moody’s par exemple, seuls 2 milliards des 53 milliards de dollars de dette high yield due d’ici à 2024 n’est à rembourser cette année. Il en va de la responsabilité des banques -comme des fonds- de ne pas propager une crise de crédit, qui semble pour le moment évitable.
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