WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Banques / Fed / Banques / volcker / Etats-Unis

Banques
Fed / Banques / volcker / Etats-Unis

Le nouveau cadeau de la Fed fait aux banques

La banque centrale a annoncé de nouvelles mesures visant à alléger les contraintes réglementaires pesant sur les banques du pays, en particulier celles qui ne sont pas systémiques. Un mouvement qui doit être mesuré alors que Janet Yellen pointe déjà les excès des crédits privés.
FED - logo
FED - logo

Donald Trump s’était engagé à revenir sur certaines des aspects les plus douloureux de la règle Volcker, et aujourd’hui, la Fed s’exécute. Mercredi dernier, la banque centrale a voté un relâchement des contraintes réglementaires s’appliquant aux banques ayant entre 100 et 700 milliards de dollars de fonds propres. Ce qui signifie que les mastodontes comme JP Morgan et Goldman Sachs garderont les mêmes standards, mais que les grandes banques régionales comme US Bancorp, Capital One et American Express seront en partie soulagées.

Revenons en arrière : en mai dernier, le Congrès a voté le Economic Growth, Regulatory Relief and Consumer Protection Act, qui revient sur des règles issues de la crise financière, de façon à limiter des coûts de compliance devenus exorbitants pour certains acteurs. En particulier ceux détenant entre 100 et 250 milliards de dollars d’actifs, jugés les plus sévèrement punis. Des propositions qui ont été vivement critiquées alors que les banques dégagent de plus en plus de profits, mais qui sont soutenues par Randal Quarles, le Monsieur Régulation de la Fed nommé par Donald Trump. "Je suis optimiste sur le fait que les firmes verront une baisse de la complexité réglementaire et une compliance plus facile sans un déclin de la résilience du système bancaire US", avait-il alors déclaré.

La Fed est même allée plus loin que le texte initial. Elle prévoit des obligations allégées jusqu’à 700 milliards de dollars, et en particulier la suppression pure et simple du ratio de couverture liquidité pour ces acteurs, qui les oblige à détenir un certain montant d’actifs liquides faciles à vendre en cas d’assèchement soudain du marché. La banque centrale a également prévu des stress-tests tous les deux ans, au lieu du traditionnel exercice annuel, pour 11 établissements jugés moins systémiques. En revanche, les banques n’ont pas obtenu la disparition totale des stress-tests pour les institutions détenant plus de 100 milliards de dollars d’actifs, ce qu’elles réclamaient au départ. Enfin, la Fed s’est réservée des marges de manœuvre pour certains acteurs, et catégorise certaines banques dans la catégorie la plus risquée en raison de leur exposition à l’international, même si elles n’ont pas passé le seuil de 250 milliards de dollars d’actifs. De nouvelles règles qui "affaiblissent les tampons qui sont le cœur de la résilience de notre système", s’est désolée Lael Brainard, membre de la Fed nommée sous Obama.

Ces propos résonnent avec ceux employés par Janet Yellen, qui s’est alarmée sur la détérioration des covenants et des prêts à effet de levier il y a quelques jours et a jugé que cela pouvait créer des risques pour l’ensemble du système financier. Loin d’être paralysées par l’actuelle régulation financière, les banques US ont dégagé des résultats trimestriels satisfaisants et officialisé une hausse de leurs prêts. "Le coeur des réformes que nous avons mises en place a boosté substantiellement la résilience sans limiter indûment l’offre de crédit ou la croissance économique", a plaidé l’ex-présidente de la Fed, se disant ouverte à certains ajustements. Des modifications qui font aujourd’hui plus figure de largesses envers Wall Street.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article