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Pourquoi KKR signe un LBO à 4 milliards d’euros
Alors que les indices européens et américains ont perdu environ 30 % par rapport à leur dernier point haut de février, les doutes s’installent sur les risques que les fusions-acquisitions soient gelées. Mais aussi que celles déjà annoncées, soient remises en cause, comme en témoigne la chute de 13% du cours du joaillier Tiffany, en cours de rachat par LVMH, en Bourse. Et pourtant dans ce contexte difficile, certains continuent à faire des deals. C’est le cas du géant américain du private equity KKR, qui vient d’annoncer le rachat du groupe britannique de gestion des déchets Viridor, filiale du groupe Pennon, pour une valorisation de 4,2 milliards de livres (4,5 milliards d’euros).
Plus marquant encore, la transaction valorise la cible à un multiple de 18,5 fois ses profits à fin mars 2019. Mais selon l’acheteur, cela se justifie car Viridor est “incroyablement résilient, incroyablement défensif et soutenu par des contrats de long terme avec les autorités locales", selon James Gordon, membre de l’équipe infrastructures en Europe de KKR. Comme Veolia, le groupe signe en effet des contrats de 25 ans avec les collectivités et le fonds a indiqué qu’il envisageait de rester 15 ans au capital si cela s’avérait nécessaire.
Alors que l’actif a été mis en vente en septembre dernier et que KKR avait échoué à le préempter pour éviter une mise en concurrence, la prime est donc finalement allée à l’investisseur jugé le plus sûr. Si KKR n’avait pas fait l’offre la plus élevée, cette dernière était intégralement financée par les banques. Du côté de KKR, le fonds a souhaité finaliser le deal rapidement malgré le contexte actuel, étant donné la résilience de l’activité et sa vision long-termiste.
Si cet état d’esprit paraît encourageant, il ne faut pas en conclure que toutes les opérations de M&A ou private equity sur le point d’aboutir avant cette crise vont être maintenues, loin de là. Si les fonds ont une quantité astronomique de "dry powder" à investir, ils ne devraient pas se précipiter sur des cibles certes plus abordables, mais dont les business plans sont totalement rebattus. Comment attribuer un multiple à un Ebitda totalement inconnu dans les 12 prochains mois pour la plupart des secteurs ? Sans parler du financement, car les banques seront trop affairées à refinancer les dettes existantes pour pouvoir débloquer des liquidités pour de nouvelles opérations.
La chute des marchés crée aussi un véritable risque de flux pour le private equity. Car la grande partie des Limited Partners institutionnels attribue des allocations au non coté par rapport aux marchés boursiers, et si ceux-ci chutent drastiquement, cela affectera directement les enveloppes dédiées au non coté. Cela reste néanmoins un risque lointain, tant les réserves de guerre du private equity ont atteint des montants historiques.
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