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Pays à faible revenu : jusqu’à 100 millions de pauvres en plus

C’est l’un des scénarios dramatiques dressé par des économistes du Fonds monétaire international. Avant la crise, moins d’une personne sur trois était considérée comme pauvre au sein de ces pays et leur proportion pourrait passer à près de quatre sur dix.
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Dans cet épisode de crise sanitaire mondiale, sont évoquées la plupart du temps les mésaventures des économies avancées, tant à cause des dégringolades historiques de richesse nationale que de l’éventail des mesures adoptées pour combattre la crise. Reste que les économies les plus pauvres sont également touchées et les conséquences sont dramatiques.

À ce propos, Daniel Gurara, Stefania Fabrizio et Johannes Wiegand, économistes au Fonds monétaire international (FMI), tirent la sonnette d’alarme. Ils commencent par expliquer que les pays en développement à faible revenu (PDFR) pourraient connaître une croissance nulle cette année alors qu’elle avait atteint 5 % en 2019. D’après ces économistes, l’arrivée du coronavirus et de la crise économique qui en a découlé a généré plusieurs problèmes d’importance majeure pour ces pays.

Tant en valeur qu’en volume, leurs exportations se sont contractées, leurs recettes liées au tourisme ont chuté et ils ont également connu des épisodes de forte baisse des entrées de capitaux notamment à travers les moindres envois de fonds. Concernant ces derniers, le Fonds note qu’ "entre avril et mai, ils ont diminué de 18 % au Bangladesh et de 39 % au Kirghizistan par rapport à l’année précédente", si bien que "les répercussions devraient se faire largement sentir dans les pays où les envois de fonds constituent la principale source de revenus pour de nombreuses familles pauvres".

Sans surprise, les moyens d’action – la politique budgétaire – de ces économies sont bien moindres que ceux des économies avancées. En effet, selon les chiffres du FMI, les économies avancées ont injecté l’équivalent de 7,9 % du PIB (en % du PIB de 2020 pondéré en parité de pouvoir d’achat) et les économies émergentes 3,4 % ; les PDFR, eux, n’ont pu mettre que 1,4 point de PIB sur la table.

Etant donné que ces pays ne peuvent contrer les effets de la crise, le FMI a établi plusieurs scénarios et leurs conséquences. Si en 2020, la consommation par habitant était amenée à se contracter de 5 % chez les PDFR, c’est plus de 30 millions de pauvres qui feraient leur apparition. Pire, le scénario cauchemar fait, lui, état d’une contraction de 15 % de la consommation par habitant, provoquant une hausse du nombre de pauvres de 93,9 millions. Ce ne serait ni plus ni moins qu’une décennie perdue pour ces pays. En effet, entre 2010 et 2019, le taux de pauvreté a baissé de 5,9 points de pourcentage ; or, en cas de scénario de cauchemar, il grimperait de 6,6 points.

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