Macro-économie / Taux / INSEE / inégalités / pauvreté / France / Emmanuel Macron
Macro-économie / Taux
INSEE / inégalités / pauvreté / France / Emmanuel Macron
Les inégalités progressent lentement mais sûrement
Des riches qui s’enrichissent et des pauvres plus nombreux
A la hausse des inégalités mise en lumière par l’Insee dans son dernier rapport sur le sujet (qui porte sur l'année 2018), il faut ajouter une hausse du nombre de Français pauvres (sous le seuil de 50% du niveau de vie médian) de 255 000 personnes, soit une augmentation du taux de pauvreté de 8% à 8,4%. Si, normalement, les rapports d’une année sur l’autre ne sont pas assez parlants, le directeur de l’Observatoire des inégalités Louis Maurin explique que cette fois-ci, la hausse est "trop forte pour qu’on ne s’y arrête pas". La moitié de ces personnes pauvres ont, de surcroît, un niveau de vie inférieur à 855 euros par mois (niveau stable par rapport à l’année précédente). Face à cette masse de pauvres, les 10% les plus riches ont eu tendance à s’enrichir entre 2017 et 2018, si bien que le rapport entre la masse des revenus perçue par ces derniers et celle des 40% les plus pauvres est passé de 1,06 à 1,12. Si ces inégalités "augmentent nettement", pondère l’Insee, elles ne dépassent toutefois pas le point le plus haut de 2011.
La responsabilité du politique
On peut s’interroger, face à cette hausse, sur l’effet de l’arrivée du chef de l’Etat Emmanuel Macron à l’issue des élection de 2017. Pour l’Insee, "la baisse des allocations logement (…) explique une part importante de la baisse du revenu des ménages modestes et de la hausse du taux de pauvreté". La réforme de la réduction du loyer de solidarité d’un côté et, de l’autre côté, la suppression de l’ISF (impôt sur la fortune), semblent en effet concorder avec l’augmentation significative que l’on observe entre 2017 et 2018, même si l’impact de ces deux décisions doit être relativisé. Ainsi, les locataires ont pu toucher des contreparties de la baisse des APL, ce qui fait que l’impact de cette baisse doit être moins fort que ce que l’Insee statue. Toutefois, la baisse de l’ISF a de réels effets sur le creusement des inégalités : les 5% les plus riches, soit la plupart de ceux qui devaient payer l’ISF, gagnent en moyenne 500 euros de plus sur l’année, soit l’équivalent de 15 jours de travail d’une personne au SMIC.
De surcroît, les populations les plus vulnérables pâtissent davantage des décisions politiques et sont en première ligne pour ces hausses d’inégalités : la proportion de retraités pauvres a progressé de 1,1 point entre 2017 et 2018, "alors qu’elle était relativement stable depuis 2014", précise l’Insee. De l’autre côté du spectre, les enfants de moins de 18 ans souffrent également d’une augmentation du taux de pauvreté, de 0,9 points pour atteindre 21% en 2018.
Une inscription dans le temps
Le problème principal que le rapport soulève, c’est la continuité de l’augmentation des inégalités. Si l’on prend le point bas de 2002, l’augmentation du nombres de pauvres au seuil de 50% de la médiane est de 35%. Depuis près de 20 ans, la France est "entrée dans une période longue de stagnation économique", explique Louis Maurin, où aucun politique ne parvient à endiguer la lente progression de la pauvreté. De la même manière, les différences de revenus entre les 10% les plus riches et les 40% les plus modestes n’arrêtent pas de se creuser. A la fin des années 1990, le rapport était de 1 ; en 2018, il était passé à 1,12. Une hausse continue qui trouve de nombreuses causes, mais dont personne encore ne semble trouver de solution efficace.
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