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Changement en vue au directoire de la BCE
Un poste se libère à la plus haute instance de la BCE : le 14 décembre prochain, le Luxembourgeois Yves Mersch quittera son poste, après huit ans de mandat au sein du directoire de l'institution. Un organe composé de six personnes seulement, chargées de mettre en œuvre la politique monétaire de la BCE et de préparer les réunions des gouverneurs. À la différence des 19 autres banquiers centraux qui composent ce conseil, les six membres du directoire possèdent un droit de vote permanent, et sont donc considérés comme les plus influents de l'institution.
La nomination du successeur d'Yves Mersch représente donc un enjeu de taille pour les pays de la zone euro qui souhaiteraient peser davantage au sein de la BCE. D'autant qu'aucun autre remplacement n'aura lieu avant 2026, puisque depuis l'arrivée de Luis de Guindos en juin 2018, tous les membres du directoire ont changé. À l’heure actuelle, la présidente Christine Lagarde est entourée dYves Mersch donc, de l'Espagnol Luis de Guindos, vice-président de l'institution, de l'Italien Fabio Panetta, l'Allemande Isabel Schnabel et de l'économiste en chef irlandais Philip Lane. Les quatre principaux pays de la zone euro sont déjà représentés et devraient donc laisser la place au représentant d'un plus petit État, ayant adopté la monnaie unique plus récemment et n'ayant jamais siégé au directoire. C'est le cas des pays baltes ou encore de la Slovénie et la Slovaquie, dont sont issus plusieurs candidats potentiels.
L'ancien directeur de la banque centrale slovène Bostjan Jazbek, de même que l'ancien ministre des finances slovaque Peter Kazimir font partie de la liste non officielle. Ardo Hanson, dont le mandat à la tête de la banque centrale estonienne s'est terminé l'an dernier pourrait aussi remplacer le Luxebourgeois Mersch. Deux outsiders enfin pourraient être élus, Frank Elderson, actuel président du réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS), fondé en 2017 au moment du sommet One Planet de Paris. Une candidature que la présidente Christine Lagarde pourrait soutenir auprès du Conseil européen, elle qui a fait de l'environnement l'un des chevaux de bataille de son mandat.
Mais la dernière candidature pourrait également obtenir les faveurs de la présidente, fervente défenseuse de la parité : Joanne Kellermann, à la tête de PFZW, l'un des plus gros fonds de pension de Hollande est également pressentie pour succéder au Luxembourgeois. Elle fut aussi la première femme à siéger au sein des gouverneurs de la banque centrale de son pays. Si elle était élue, la parité serait pour la première fois respectée au sein du directoire de la BCE, dont les 19 autres gouverneurs non-membres de l'organe exécutif sont tous de sexe masculin. Son genre ne serait pas son unique atout, puisque la Néerlandaise est aussi une bonne connaisseuse des questions de régulation financière, ayant été chargée de la surveillance des banques de son pays pendant la crise. Une compétence importante pour prendre le poste, puisqu'Yves Mersch est lui-même vice-président du conseil de surveillance prudentielle de la BCE. Un poste qui échoit forcément à l'un des membres du directoire.
Si la présidente peut influencer les 27 chefs d'États lorsqu'elle leur écrira officiellement pour leur demander d'élire un nouveau représentant, la décision finale leur appartiendra : tous les membres du directoire sont nommés par le Conseil européen à la majorité qualifiée. La décision pourrait avoir lieu lors du Conseil le 15 ou 16 octobre prochain et au plus tard lors du suivant, le 10 et 11 décembre.
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