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Euronext franchit maintenant les Alpes
À peine a-t-il bouclé l’acquisition du dépositaire central de titres danois VP Securities qu’Euronext regarde vers l’Italie. L’opérateur boursier paneuropéen, basé à Paris, a confirmé vendredi matin dans un bref communiqué qu’il discutait avec la Cassa Depositi e Prestiti (CDP, l’équivalent italien de la Caisse des dépôts) pour acquérir Borsa Italiana, l’opérateur de la Bourse de Milan. La CDP a également confirmé ce projet, révélée au départ par l’agence Reuters. Selon nos informations, les protagonistes vont déposer une offre conjointe auprès du London Stock Exchange (LSE), l’actuel propriétaire de Borsa Italiana, ce soir. Le consortium comprend également la banque italienne Intesa Sanpaolo.
Le LSE, qui détient l’opérateur italien depuis 2007, l’a mis en vente fin juillet comme une concession à l’autorité de la concurrence européenne dans le cadre de son projet d’acquisition de la société d’informations financières Refinitiv. Le LSE avait fixé la date limite de dépôt des candidatures pour Borsa Italiana précisément à ce soir. Le prix demandé pour Borsa Italiana n’est pas connu. Selon Bloomberg, Euronext valoriserait cet actif entre 3,5 et 4 milliards d’euros. Le groupe ne commente pas. Mais selon nos sources, son offre porte sur l’intégralité de la cible notamment la Bourse de Milan elle-même et la plate-forme obligataire électronique MTS.
L’officialisation de l’intérêt d’Euronext n’est pas une surprise : interrogé en début d’année, Stéphane Boujnah, président du directoire, avait indiqué que le groupe regarderait "tous les actifs" mis sur le marché pour poursuivre sa diversification. Des paroles qu’il concrétise régulièrement, participant activement à la concentration du secteur : outre VP Securities, Euronext (qui opère déjà les Places de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Dublin) a acquis en janvier 2020 la Bourse scandinave d’électricité Nord Pool et, en juin 2019, la Bourse d’Oslo.
Après avoir fortement renforcé son prisme nordique, il est temps pour Euronext de regarder vers le sud de l’Europe. Il a tenté, en mai dernier, d’acquérir BME, l’opérateur de la Bourse espagnole, qui lui a été soufflé par son concurrent suisse Six Group, qui proposait davantage.
Aussi le consortium mené par Euronext et la CDP n’est-il vraisemblablement pas le seul prétendant à Borsa Italiana. "Deutsche Börse, Six Group ou le Nasdaq sont tous des acquéreurs potentiels, mais […] nous pensons d’Euronext est mieux positionné en raison de son modèle économique et son bilan plus souple, […] en particulier si le LSE veut avancer rapidement sur l’acquisition de Refinitiv", estime Farhad Moshiri, analyste chez Alphavalue. En effet, les autorités réglementaires italiennes traîneraient très probablement les pieds pour donner leur aval à une candidature qui évincerait la CDP, son bras financier – or, le LSE ne pourra obtenir l’aval de Bruxelles et boucler son acquisition qu’après avoir cédé les actifs prévus. Selon nos informations, l’offre d’Euronext/CDP/Intesa Sanpaolo bénéficie effectivement du soutien de Rome.
Lundi, Deutsche Börse a annoncé avoir soumis une offre. "Nous pouvons confirmer que Deutsche Börse a soumis une offre pour le groupe Borsa Italiana. En tant qu'acteur mondial, nous pouvons offrir un soutien majeur à la croissance et au développement futurs de Borsa Italiana en tant que société autonome, renforçant ainsi son rôle crucial pour l'économie italienne et les marchés européens des capitaux", précise la Bourse allemande. Le suisse Six a fait de même. Selon les rumeurs de marché, ces offres tourneraient également entre 3,5 et 4 milliards d'euros.
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