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BoE politique monétaire

Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / taux négatifs / Politique monétaire

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Banque d'Angleterre / taux négatifs / Politique monétaire

Il y a comme une odeur de taux d'intérêt négatifs au Royaume-Uni

Si la Banque d’Angleterre a laissé son taux d’intérêt et la taille de son programme d’achats d’actifs inchangés, les minutes de sa dernière réunion pourraient indiquer que les taux d’intérêt négatifs sont de nature à émerger en tant que nouvel instrument de politique monétaire d’ici peu de temps.
Andrew Bailey
Bank of England
Banque d’Angleterre
Gouverneur
Andrew Bailey Bank of England Banque d’Angleterre Gouverneur

À première vue, cela semblait être une réunion plutôt anodine pour la Banque d’Angleterre (BoE). En effet, son Comité de politique monétaire (MPC) a décidé de laisser inchangé le taux d’intérêt - fixé à 0,10 % - ainsi que la taille de son programme d’achats d’actifs (745 milliards de livres). De plus, les membres du MPC ont pris ces décisions à l’unanimité, ce pour la septième réunion d’affilée depuis le début de la crise économique.

La vieille dame de Threadneedle Street a justifié le statut quo par une reprise économique qui se poursuit, à un rythme plus élevé qu'anticipé : "les données relatives aux paiements à haute fréquence suggèrent que la consommation a continué à se redresser pendant l'été et se situe maintenant à peu près à son niveau de début d'année dans l'ensemble", ce qui est "mieux que ce qui était prévu dans le rapport d'août", explique la BoE. De plus, "la Banque s'attend à ce que le PIB soit environ 7 % inférieur à son niveau du quatrième trimestre 2019, soit un chiffre moins mauvais que ce qui avait été prévu dans le rapport d'août".

Moins rassurant, elle a mis en avant l’incertitude élevée minant l’économie britannique. D’une part, les intentions d'investissement des entreprises restent très faibles, d’autre part, les destructions nettes d’emplois ont atteint 700 000 entre février et août et le marché du travail est dans le flou, avec le retrait des programmes gouvernementaux de soutien à l'emploi fin octobre. Sans parler du Brexit qui, avec les dernières manœuvres du Premier ministre Boris Johnson, pourrait causer d’importantes difficultés au Royaume-Uni.

C’est dans ce contexte que la BoE se dit prête à augmenter la taille de son programme d’achats d’actifs - dont elle a dépensé 93,1 % de l’enveloppe au 9 septembre 2020. Mais lorsque l’on se plonge de plus près dans les minutes du dernier MPC, il y a un autre instrument qu’elle pourrait mobiliser. En effet, "le Comité de politique monétaire a été informé des projets de la Banque d'Angleterre visant à étudier comment un taux d’intérêt négatif pourrait être mis en œuvre efficacement, si les perspectives d'inflation et de production le justifiaient à un moment donné au regard du contexte de taux d'intérêt neutre très faible". C’est ainsi que "la Banque d'Angleterre et l'Autorité de régulation prudentielle commenceront à discuter de manière opérationnelle sur cette question au quatrième trimestre 2020", lit-on dans le compte rendu de la réunion.

Pour autant, est-ce à dire que la mise en place de taux d'intérêt négatifs a des chances de se produire ? Pour Andrew Goodwin, économiste d'Oxford Economics, les minutes signifient juste que "la BoE commence seulement à consulter sur les implications des taux négatifs" et cela confirme que "ce n'est pas une option politique active à court terme". Les économistes de Bank of America rappellent, eux, que "le gouverneur Andrew Bailey a écarté la possibilité de taux négatifs pas plus tard que le mois dernier, affirmant qu'ils faisaient partie de la boîte à outils mais que la BoE ne s'attendait pas à les utiliser". Toutefois, "la publication de ce paragraphe a donc l'air d'une nouvelle importante. Il nous suggère que la BoE est plus disposée à utiliser des taux négatifs que nous le pensions". Selon la firme américaine, une augmentation de 100 milliards de livres du programme d'achats d'actifs reste tout de même plus probable - il atteindrait alors 845 milliards de livres. Un avis partagé par Andrew Wishart, économiste de Capital Economics, qui estime que les achats d'actifs resteront l'outil de choix de la Banque d'Angleterre d'ici les six à douze prochains mois. Concernant les taux d'intérêt, et de manière plus prospective, l'économiste indique s'attendre à ce qu'ils restent au niveau actuel ou en-dessous, pour les cinq prochaines années.

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