WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Vers un nouveau délai dans la bataille Veolia-Suez

Fusions, Acquisitions / Veolia / Suez / Engie

Fusions, Acquisitions
Veolia / Suez / Engie

exclusif Vers un nouveau délai dans la bataille Veolia-Suez

EXCLUSIF. En principe la nouvelle offre formulée par Veolia, avec l’engagement de ne pas lancer d’OPA hostile sur Suez, arrive à échéance ce soir. Mais Bercy estime que tous les efforts n’ont pas été accomplis pour parvenir à une opération considérée comme amicale chez Suez et chez Veolia.
Suez - logo
Suez - logo

Selon les informations obtenues par WanSquare, et en fonction de l’état des discussions entre Suez et Veolia en ce début de journée, tout porte à croire que l’on s’achemine vers un nouveau délai dans cette bataille boursière et industrielle. En tout cas, c’est ce que Bercy a demandé à Engie et à son président Jean-Pierre Clamadieu qui espérait pourtant "toper" avec Veolia ce soir sur la base d’un prix de vente de son bloc de 29,9 % de Suez de 3,4 milliards d’euros.

Après le dîner qui a réuni jeudi soir au sommet de la tour Engie, Philippe Varin, le président de Suez, Antoine Frérot, le P-D.G. de Veolia et Jean-Pierre Clamadieu le président d’Engie, il avait été convenu que les trois parties recherchent une solution qui permette un rapprochement considéré comme amical par toutes les parties. Des discussions ont donc eu lieu samedi entre les équipes de Veolia et de Suez, avec cette fois la présence de Bertrand Camus, le directeur général de Suez. L’idée était d’accroître le champ des cessions opérées par les deux groupes.

Mais si Veolia était d’accord pour que Suez vende des morceaux supplémentaires, dans les déchets en France et dans l’eau à l’international, et si le fonds d’investissement Meridiam était prêt à reprendre la totalité des activités cédées et à en confier la gestion à Bertrand Camus, les administrateurs salariés et les administrateurs indépendants ont jugé – à juste titre – qu’un tel schéma signait le démantèlement total de Suez, et ne pouvait donc être considéré que comme hostile. Dans ces conditions Philippe Varin a écrit un courrier à Antoine Frérot dimanche matin lui indiquant qu’il cessait les discussions.

Aussitôt Veolia faisait parvenir un communiqué annonçant qu’il était d’accord pour s’engager à ne pas lancer d’opération hostile Suez, après le rachat des titres détenus par Engie. Mais l’état des lieux était toujours un champ de bataille où Veolia et Suez étaient en désaccord complet sur le schéma industriel en gestation. Pour Bercy un accord amical ne pourra être trouvé que lorsque Veolia acceptera de céder ses activités américaines afin que Suez conserve GE Water, une pépite industrielle et technologique.

Bruno Le Maire a donc pris son téléphone et demandé à Jean-Pierre Clamadieu, le patron d’Engie de faire le maximum pour que les discussions reprennent ce matin, et au cas où un accord n’était pas trouvé, de demander un nouveau délai à Veolia ce soir.

Ce délai pourrait servir à tenter de trouver une véritable solution amicale entre Veolia et Suez. Mais cela laissera totalement ouvertes les questions sur l’intérêt industriel de ce rapprochement. Il pourrait aussi permettre à Ardian de finaliser une offre alternative sur 100 % du capital de Suez qui ne soit pas conditionnée à un démantèlement du groupe. Ardian travaille sur un tour de table avec Antin, le singapourien GIC, éventuellement Predica et les salariés de Suez. Mais on ignore encore si le fonds d’investissement pourra s’aligner sur les 18 euros offerts par Veolia.

Une chose est certaine, Bruno Le Maire, le concepteur de la loi Pacte qui tente de construire un nouveau capitalisme, dans le respect de toutes les parties prenantes et notamment des salariés, continuera de se mettre en travers de l’offre de Veolia, tant qu’elle ne répondra pas à tous les critères d’une offre amicale. En plus de Bercy, Philippe Varin et Bertrand Camus se sont assuré, vendredi matin, lors d’un entretien dans le bureau d’Alexis Köhler, du soutien – fût-il silencieux - de l’Élysée.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article