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La FDJ croit en sa bonne fortune
À l'occasion de son assemblée générale en juin dernier, la FDJ (ex-Française des Jeux) s'était donné 18 mois pour effacer la crise, le confinement ayant provoqué entre mars et mai un manque à gagner d'environ 200 millions d'euros (représentant 10% des revenus en 2019), affectant négativement l'Ebitda de 100 millions (soit 29%). Elle semble en prendre le chemin.
À l'occasion de la publication de ses résultats du troisième trimestre, hier après la clôture de la Bourse, l'opérateur de jeux d'argent et de paris a annoncé des perspectives plutôt rassurantes pour son exercice 2020, étant donné le contexte : il estime que le montant annuel des mises connaîtra un recul proche de 6% par rapport à 2019, soit 16 milliards d'euros, provoquant un recul d'environ 7% du chiffre d'affaires (à 1,9 milliard d'euros), tout en se permettant une légère augmentation de sa marge d'Ebitda (autour de 21%, contre 20,6% en 2019). C'est évidemment en partie moins bien que que ses prévisions fixées avant que la crise n'éclate (+5% des mises et +5% du chiffre d’affaires), mais la FDJ compte néanmoins réaliser son objectif de marge d'Ebitda, dont elle escomptait qu'elle dépasse les 20%. Le groupe affiche donc une forte capacité de préservation de sa rentabilité. Et la conversion de l'Ebitda en cash-flow libre serait maintenue à un taux supérieur à 80%.
Cela s'explique : l'opérateur s'est montré plus que résistant au troisième trimestre, puisqu'il a connu une hausse de son activité par rapport à la même période l'année précédente : les mises ont progressé de 6% (grâce notamment au report de calendriers sportifs aux mois d'été), pour atteindre 4,4 milliards d'euros, tandis que le chiffre d'affaires augmente très légèrement (+0,2% à 500 millions d'euros). "La dynamique enregistrée depuis mi-juin s'est accélérée", constate-t-il. "La progression des mises laisse entendre que l'activité est bien supérieure aux niveaux pré-Covid, un constat positif", confirme Virendra Chauhan, analyste chez Alphavalue. Selon l'analyste de la Société Générale, ces éléments traduisent la résistance du modèle économique du groupe et sa capacité à s'adapter à une situation exceptionnelle.
La fin de l'année devrait être à l'avenant, si les nouvelles mesures sanitaires annoncées par le Président Emmanuel Macron mercredi en reste là. "Sans nouvelle dégradation significative de l'environnement sanitaire, qui se traduirait par de nouvelles fermetures de points de vente ou l'annulation et le report des principales compétitions sportives, le groupe FDJ anticipe une légère progression des mises au quatrième trimestre", indique l'opérateur. La tendance depuis le début de l'année évolue d'ailleurs dans le sens du discours de la direction : au premier semestre, la FDJ affichait des replis de 18% et 15% de ses mises et de son chiffre d'affaires respectivement ; au cours des neuf premiers mois, le recul n'atteignait plus "que" 10% pour ces deux mesures (à 11,3 et 1,4 milliards d'euros respectivement).
Ces éléments ont été très positivement jugés par les investisseurs. Dans un climat général de baisse des marchés à travers l'Europe à la suite des nouvelles mesures de restriction sanitaires, le cours de l'action FDJ affichait aujourd'hui une hausse insolente de 5,6% vers 13h30 (à 35,30 euros), alors que dans le même temps son indice de référence, le SBF 120, baissait de 2,2%. L'opérateur pavoise à… 47% au-dessus de son cours du 31 décembre 2019, alors que le SBF 120 a perdu 18,6%. De quoi en faire un candidat au CAC 40 ? Plus que la religion, c'est le jeu qui semble être l'opium du peuple.
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