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Sur les marchés
Française des jeux / ADP / Emmanuel Macron / IPO
La Française des Jeux fait carton plein
Le titre de la Française des Jeux (FDJ) a entamé sa cotation à 9 heures 30 sur le marché parisien à 23 euros, c'est-à-dire avec une prime de 15,6% sur le prix de 19,90 euros fixé pour son introduction, tandis qu'une cloche était sonnée dans les locaux d'Euronext pour marquer symboliquement le début des échanges par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et la PDG de la FDJ Stéphane Pallez. En début d'après-midi, le soufflé retombait très légèrement à 22,64 euros.
L'opération est un succès pour l'État qui ne s'attendait pas en coulisses à ce qu'un demi-million de petits porteurs du pays souscrive à la FDJ avec une décote en l'espace de deux semaines. Alors que la fourchette initiale de l'action était comprise entre 16,50 et 19,90 euros, son prix définitif a été arrêté au plus haut niveau possible, reflétant l'important engouement des investisseurs, particuliers comme institutionnels. Au total, l'État, en cédant 99,32 millions de titres encaisse immédiatement un chèque de 1,976 milliard d'euros, soit 337,2 millions d'euros de plus que si le prix avait été arrêté au plus bas. En incluant les 380 millions d'euros que la FDJ versera à l'État en échange de l'exploitation du monopole, l'État a encaissé ce jour 2,356 milliards d'euros, de quoi motiver le sourire à pleines dents de Bruno Le Maire ce matin chez Euronext. Sa privatisation s'inscrit dans le vaste programme de cessions d'actifs auquel la loi PACTE, à l'initiative du ministre, a ouvert la voie afin d'alimenter un fonds de 10 milliards d'euros consacré à l'innovation.
Créée en 1933 sous la forme d'une loterie nationale pour venir en aide aux soldats blessés pendant la Première Guerre mondiale, la Française des Jeux, qui s'est diversifiée au fil des ans dans les logiciels de paris sportifs et de jeux en ligne qu'elle vend à l'étranger, remettra 80% de ses bénéfices aux actionnaires jusqu'en 2025. La FDJ restera aussi un loto 100% gagnant pour les finances publiques puisque Bercy continuera d'engranger quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versées chaque année par l'opérateur. Surtout, c'est l'occasion idéale pour le gouvernement de montrer sa détermination à opérer les privatisations promises par Emmanuel Macron, malgré le fait que ses opposants aient réussi à geler la vente d'Aéroports de Paris jusqu'en mars, qui dépend encore du résultat du Référendum d'Initiative Partagée.
À 16 heures, la loterie de France était valorisée à plus de 4,3 milliards d'euros.
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