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Politique européenne / commission européenne / Plan de relance / Banques

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La Commission émet avec succès dans le cadre du plan d'urgence

La Commission européenne a levé 17 milliards d'euros à long terme pour sa première émission de titres EU SURE, dans le cadre du programme d'urgence de 540 milliards d'euros adopté au printemps. BNP Paribas a fait partie des banques teneuses de livres.

Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, l'Union européenne a testé aujourd'hui l'appétit des marchés, afin de financer l'un de ses instruments d'aide d'urgence instauré au printemps 2020. Car si les 27 États ne se sont toujours pas mis d'accord sur les conditions associées aux versements des fonds du EU Recovery Fund de 750 milliards, ils ont en revanche mis en place plusieurs mécanismes d'urgence dès le printemps 2020. Trois "filets de sécurité", pour un montant total de 540 milliards d'euros ont ainsi été adoptés fin avril : le premier consiste en des garanties aux entreprises accordées par la BEI (pour 200 milliards) et le second en des prêts accordés par le MES (mécanisme européen de stabilité) aux États membres qui en feraient la demande (100 milliards d'euros maximums).

Le troisième filet enfin, plus connu sous le nom d’EU SURE, consiste en un instrument de soutien aux dispositifs nationaux de chômage partiel. Ces prêts accordés aux États seront financés par des emprunts de l'UE sur le marché. Et c'est donc aujourd'hui que la Commission a pour la première fois levé des obligations au titre de ce nouvel instrument. Une émission importante pour connaître l'appétit des investisseurs pour les obligations de l'Europe, qui sera l'un des plus gros émetteurs supranationaux l'an prochain. L'UE devrait ainsi émettre près de 200 milliards d'euros en 2021 afin de financer ses différents instruments de relance, instaurés pendant la pandémie.

Or, selon BNP Paribas, qui figurait parmi les cinq banques teneuses de livres, cette première émission a été un beau succès. La Commission a ainsi levé pour 17 milliards d'euros à 10 et 20 ans et rencontré une très forte demande. Dans le détail, Bruxelles a émis pour 10 milliards de titres 2030 à un rendement de -0,25% et pour 7 milliards d'obligations 2040 à un taux de 0,10%. La demande a été très forte : 230 milliards d'euros au total, avec une préférence pour les titres à 10 ans où la demande a atteint 145 milliards. Preuve de l'attrait des investisseurs pour ce type de papier, qui bénéficie de la meilleure notation possible et offre un rendement plus attrayant que les autres papiers souverains de l'UE notés AAA. Ainsi les titres en circulation émis par l'UE sur les marchés se traitent actuellement à un rendement situé autour de -0,24%, contre -0,61% pour le 10 ans allemand et de -0,33% pour l'OAT France. "Les investisseurs ont un vrai besoin de diversification. Le fait que l'émetteur soit la Commission et que cet instrument EU SURE soit discuté depuis plusieurs mois ont contribué au succès de l'opération. Aujourd'hui, les investisseurs ont acheté des obligations de la Commission mais n'ont pas vendu d'autres titres d'agences supranationales ou d'obligations souveraines dans le même temps", explique Frédéric Zorzi, responsable marché primaire monde chez BNP Paribas. 

Autre élément incitatif pour les investisseurs : le fait que la BCE soutient ce type de titres et sera susceptible d'en acheter sur le marché secondaire. La Banque centrale a annoncé dès la mise en place de son programme d'achats d'urgence pandémique qu'elle soutiendrait via le PEPP les États et segments de marchés les plus affectés par l'épidémie. Les EU SURE correspondent clairement aux critères d'investissement de Francfort.

Pour rappel, le Conseil européen a approuvé un soutien financier de 87,4 milliards d'euros au titre de cet instrument EU SURE en faveur de 16 États ayant demandé une aide à l'Europe. Les prêts octroyés au titre de SURE sont cautionnés par le budget de l'UE et par des garanties fournies par les États membres au prorata de leur part relative dans le revenu national brut de l'UE (leur montant total s'élève à 25 milliards d'euros). L'Italie, l'Espagne et la Pologne seront les trois plus gros bénéficiaires de l'instrument, puisqu’elles recevront respectivement 24,2 milliards, 21,3 milliards et 11,2 milliards d'euros. La France, elle, n'a pas demandé à recevoir d'aide de l'UE. Pourtant, le dispositif d'activité partielle concernait encore 1,3 million de salariés du secteur privé de l'Hexagone en août, selon les dernières données du ministère du Travail. La France peut encore frapper à la porte de la Commission : le programme EU SURE durera jusqu’à décembre 2021. Bruxelles pourrait se rendre sur les marchés une seconde fois d'ici la fin de cette année.

La Commission européenne a par ailleurs précisé que ces EU SURE seront des obligations sociales garantissant ainsi aux investisseurs que les fonds mobilisés dans ces titres serviront un véritable objectif social. "Nous investissons non seulement des milliards d’euros pour sauver des emplois en Europe et réduire l’impact social de la pandémie de coronavirus, mais nous le faisons également en émettant des obligations sociales. Cela donnera aux investisseurs la possibilité de participer à nos efforts et jusqu’à 100 milliards d’euros contribueront au maintien de l’emploi dans nos États membres", a ainsi déclaré la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

 

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