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Que les actionnaires de Suez ne se trompent pas de cible !

Dirigeants, gouvernance / Veolia / Suez / Engie

Dirigeants, gouvernance
Veolia / Suez / Engie

Que les actionnaires de Suez ne se trompent pas de cible !

Au cours de la semaine passée les attaques se sont multipliées contre le conseil d’administration de Suez, de la part d’associations d’actionnaires minoritaires, ou de fonds activistes. Attaques infondées et qui cachent le mépris affiché à leur endroit par Veolia et Engie.
Philippe Varin, président de Suez
Philippe Varin, président de Suez

 

Le 5 octobre dernier, le conseil d’administration d’Engie a décidé – dans des conditions d’opacité sur lesquelles la justice sera amenée à se pencher – de la cession d’un bloc de 29,9 % d’actions Suez sur la base d’un prix unitaire de 18 euros. Ce qui a permis au groupe présidé par Jean-Pierre Clamadieu d’encaisser dès le lendemain un virement de 3,38 milliards d’euros.

Face à cette opération les actionnaires de Suez ont réagi de deux manières différentes. Il y a de nombreux porteurs de titres français et belges qui sont attachés à cette entreprise, à son dividende, à son savoir-faire et au plan de création de valeur mis en œuvre par Bertrand Camus, le directeur général, qui doit permettre au titre Suez de dépasser d’ici un an ce fameux seuil des 18 euros.

Mais il y a aussi des actionnaires activistes, des hedge funds, ou des arbitragistes qui ont acheté des actions Suez au début de l’attaque de Veolia en espérant encaisser le delta entre le cours actuel et le prix de 18 euros promis par le groupe d’Antoine Frérot. Ceux-là n’ont pas "d’intuitu personae" avec l’entreprise, ils cherchent juste une plus-value rapide. Ce qui n’a rien de choquant. Et naturellement ils sont un peu énervés de savoir que seul le principal actionnaire de Suez, Engie, a eu le droit à ces conditions financières. Quant à eux, et compte tenu des "bémols" innombrables posés par Veolia, ils sont condamnés à attendre des mois, sans être sûrs de toucher un jour ce prix-là.

De fait, qu’il s’agisse du fonds Ciam - aussi bruyant que peu investi -, qu’il s’agisse de l’Adam de cette pauvre Colette Neuville, devenue - nolens volens - la défenseuse d’arbitragistes anglo-saxons, plutôt que celle des veuves et des orphelins ou de Proxinvest, qui s’est autosaisi de ce dossier - alors que sa mission réside strictement dans le conseil de vote aux assemblées générales - tous ont bizarrement attaqué, en même temps ces derniers jours, le Conseil de Suez et son Président, Philippe Varin, allant jusqu’à le menacer de poursuites pénales.

Cela fait maintenant deux mois que cette affaire Veolia-Suez déchaîne les passions. Mais cela n’interdit pas les différentes parties prenantes de garder raison et d’éviter les manipulations inutiles. S’ils n’ont pas pu vendre leurs titres à 18 euros, à l’instar d’Engie, cela n’est pas la faute de Suez, mais celle de Veolia. Au contraire le conseil de Suez a fait un recours auprès de l’AMF pour faire reconnaître que cette opération était un changement de contrôle déguisé, sans obtenir de succès. L’affaire est maintenant en appel.

 

Depuis quand est-il interdit de se défendre ?

 

Le grand péché reproché par ces trois catégories de minoritaires de Suez à ses mandataires sociaux est d’avoir transféré le contrôle de l’activité "eau-France" à une fondation administrée par un avocat, un ancien dirigeant de cette activité et un représentant syndical. Cette manœuvre a pu paraître "baroque" ou "insolite". Mais elle n’a rien d’illégal et a été faite dans les règles de l’art. Lorsque Gucci, attaqué par LVMH, a procédé en quelques heures à une énorme augmentation de capital réservée au groupe Pinault, c’était aussi une opération défensive qui a pu choquer mais qui était totalement légale. Et qui s’est révélée diablement efficace. À tel point que Bernard Arnault a fini par jeter l’éponge.

Depuis quand serait-il interdit à une société attaquée – de surcroît par son concurrent direct et historique – de se défendre en utilisant l’ensemble des instruments juridiques mis à sa disposition. On se demande bien d’ailleurs pourquoi cette affaire de la fondation néerlandaise revient subitement sur le tapis, alors que Veolia ne cesse de clamer que ses dirigeants savent comment la désactiver. Si tel est le cas, le groupe d’Antoine Frérot n’a pas à attendre des mois avant de lancer son offre à 18 euros sur l’ensemble du capital. Mais le veut-il vraiment ? Ou cherche-t-il au contraire à offrir aux minoritaires un autre prix sous tel ou tel prétexte ?

Au siège de Suez on affiche, en tout cas, une grande sérénité face aux menaces brandies par le fonds Ciam d’engager des poursuites civiles et pénales contre les administrateurs pour des fautes qui "nous semblent déjà caractérisées" évoquant "l’intérêt personnel des administrateurs"... ! On se demande bien quel intérêt ? Mais la lettre de Ciam écrite à Antoine Frérot sur un tout autre ton, montre qu’il s’agit là d’une triste manœuvre de diversion après la claque judiciaire subie par Veolia le 9 octobre dernier lorsque la justice a décidé de la suspension des effets de la cession des actions détenues par la société Engie au sein de Suez tant que les instances du personnel de Suez n'auront pas été informées et consultées.

Au moment où les pouvoirs publics regrettent publiquement la précipitation dans laquelle cette opération hostile a été menée et la nécessité de conserver deux champions nationaux qui puissent répondre aux appels d’offres internationaux, ces attaques, guidées par une main que l’on devine, sont bien maladroites et dirigées contre la mauvaise cible. Par ailleurs elles sont sinon choquantes – du moins déplacées – au moment précis où Suez et son management sont engagés au quotidien dans la gestion d’une crise sanitaire qui s’aggrave de jour en jour.

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