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Brexit / Accord
Brexit : un ultime effort pour une possible signature de l’accord
Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union Européenne, s’est rendu à Londres vendredi pour reprendre sur place les discussions entre hauts fonctionnaires du Royaume-Uni et de l’Europe. Stéphanie Riso, chef de cabinet adjointe de la présidente de la Commission européenne, et ancien membre de l'équipe Barnier lorsque celui-ci négociait avec les envoyés de Theresa May, était également présente ce week-end, ce qui est bon signe. Les négociations sur place avaient été interrompues il y a une semaine car un des membres de l’Union européenne y participant, avait été testé positif à la Covid-19. Les pourparlers se poursuivent dans un climat de tensions générales, en plein cœur d’une deuxième vague de pandémie qui rend cette période difficile pour le Royaume-Uni, en proie, tout comme les autres pays d'Europe, aux conséquences économiques de la crise. La date effective du Brexit n'a cessé d'être reportée. Initialement fixée au 29 mars 2019, elle avait été remise au 12 avril, puis au 31 octobre de la même année. Le Royaume-Uni s’est finalement séparé de l’Union européenne le 31 janvier 2020. La période de transition est maintenant sur le point de se terminer mais des points de blocage persistent.
Les négociations patinent
Michel Barnier annonçait jeudi dernier que " de gros désaccords persistaient entre les deux partis " et déclarait vendredi aux diplomates de l’Union qu’il n’était pas particulièrement optimiste quant à la conclusion d’un accord. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, avait déjà averti les députés mercredi dernier "Je ne peux pas vous dire aujourd'hui s'il y aura finalement un accord". Cependant, rien n’est encore écrit quant à l’issue des discussions. Paul Donovan, économiste en chef d’UBS Group AG, rappelle dans une note parue vendredi qu’ "un accord, par tradition européenne, ne peut se faire qu'au dernier moment possible".
Une réunion s’est tenue vendredi entre Michel Barnier et les ministres de la pêche des États côtiers de l’Union Européenne avant sa venue à Londres. Les droits de pêche continuent de constituer un obstacle à la signature de l’accord commercial. Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a accusé ce mercredi le Royaume-Uni de bloquer les discussions avec le bloc et a averti que les deux parties étaient encore "extrêmement éloignées" sur la question. Madame von der Leyen a temporisé le même jour en affirmant que "personne ne remet en question la souveraineté du Royaume-Uni sur ses propres eaux." En dehors de l’accès aux eaux de pêche britanniques, les deux autres sujets de désaccords sont autour des conditions de concurrence équitables et de la mise en œuvre des futures normes. Tout doit être anticipé pour qu’il n’y ait pas de friction lors de la mise en oeuvre de l'accord selon la présidente de la commission européenne qui affirme que "la confiance, c'est bien, mais le droit, c'est mieux".
Vers un possible accord
Mais si les politiciens sont bien obligés de se comporter comme tels lors de leurs prises de parole, Brian Hilliard estime que les États parviendront à un accord, prenant la parole au nom de la Société générale dont il est chef économiste au Royaume-Uni. Ce spécialiste des négociations Brexit ne croit pas à la possibilité d’un " no-deal ". Il développe : l’absence de réaction de la part de l’Union européenne face à la provocation de Boris Johnson concernant l’accord de retrait qui avait été signé un an auparavant, remis en cause par le premier ministre britannique, a été l’élément déclencheur de la modification des prévisions de la banque. La Société Générale est passée d’une prévision de " non-accord " à celle d'un " accord ". Autre point encourageant selon Monsieur Hiliard, les pourparlers semblent enfin marquer quelques progrès. Il n’exclut pas pour autant catégoriquement la possibilité d’une impasse.
Une mise en œuvre difficile
Le spécialiste précise que la signature d’un deal ne garantit pas une reprise sans vagues de l'activité aux Royaume-Uni. La prise en compte de nouveaux termes commerciaux, s’ils sont effectivement signés, dès le 1er janvier 2021, risque de provoquer des perturbations au cours des prochains mois, lorsque les entreprises britanniques devront soudainement se soumettre à de nouvelles exigences réglementaires, alors qu'elles souffrent déjà des conséquences de la Covid : le PIB du Royaume-Uni devrait chuter de 11,4 % cette année selon la Société Générale. La sortie du Royaume-Uni de l’union douanière aura des conséquences pour tous les pays concernés par des échanges Union européenne - reste du monde puisque l’accès au marché unique s’en trouvera réduit. Même si les perspectives de vaccins font espérer une reprise de l’activité au Royaume-Uni au cours du printemps 2021, elle restera probablement bien en deçà de la tendance d’avant crise jusqu’à horizon 2025 selon l'analyste.
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