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Les marchés émergents bénéficient de la crise

Macro-économie / Taux / émergent / investissement / perspectives 2021

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Les marchés émergents bénéficient de la crise

Plusieurs conséquences néfastes de la pandémie pour les pays développés présentent un avantage pour le monde émergent, qui devrait connaître une période durable de surperformance de son marché action et obligation.
Emergents
Emergents

La crise que nous traversons se caractérise par une forte incertitude des marchés : incertitude quant à la reprise, quant à sa temporalité et quant aux secteurs qui en bénéficieront. Face à cette fragilité de l’économie, les investisseurs se réfugient dans des valeurs de croissance ou "forces anti fragiles" selon l'appellation des conseillers de la société de gestion d’actifs Carmignac. Les marchés émergents font partis de ces valeurs à potentiel de croissance, en témoigne la forte affluence de flux d’investissements vers ces pays au cours des derniers mois : ce mois-ci, l’Institut de finance international (IFF) fait état de 37 milliards de dollars investis dans la dette des pays émergents et de 40 milliards investis dans leur marché des actions. Pourtant, on a assisté au début de la crise à une fuite des capitaux, 95 milliards de dollars ont quitté les marchés émergents boursiers et obligataires au mois de mars selon selon les données de l’IFF publiées par le Financial Times. Mais les investisseurs se sont progressivement tournés à nouveau vers ces marchés. Au troisième trimestre de cette année, la croissance des investissements dans les marchés émergents a été la plus forte répertoriée en sept ans ; 145 milliards de dollars ont été investis au mois de novembre.

Un marché obligataire attrayant malgré de faibles rendements

Les rendements des obligations d’État émergents en monnaie locale devraient cependant rester faibles étant donné les politiques monétaires accommodantes mises en place. Mais plusieurs facteurs expliquent malgré tout le regain apparent d’intérêts pour le marché obligataire de ces pays. Le soutien appuyé des banques centrales des pays développés étant donné leurs besoins considérables en financement, notamment la politique de relance agressive de la Fed aux États-Unis, maintient les taux réels à des niveaux exceptionnellement bas pour éviter que ne s’écroule le marché obligataire. Cela contribue à affaiblir durablement le dollar, ce qui allège le service de la dette extérieure des États-Unis et le commerce mondial. Cet environnement est porteur pour les pays émergents qui se financent principalement en dollar selon les analystes de Capital economics. Ces pays sont par ailleurs, moins exposés au risque d’endettement que les pays développés puisqu’ils n’ont pas fait l’objet de mesures de relance aussi importantes. Si bien que considérant la dette souveraine émergente, même si les obligations d'État ne bénéficient pas d'un rendement important, elles restent attractives en comparaison à celles des pays développés.

Un marché boursier dynamique

Concernant le marché boursier, les pays en meilleure posture sont ceux situés dans la zone d’influence de la Chine qui connaît une reprise bien plus certaine et rapide que les pays développés ; la tendance structurellement haussière des actions chinoises devrait se poursuivre. L’économie de l’empire du milieu devrait croître de 7,8 % en 2021, et restera un pilier solide de la croissance économique mondiale selon une étude de l’agence Moody’s. Concernant l’ensemble des pays en développement, après une contraction estimée à 1,6 % cette année, les analystes de Moody’s prévoient une croissance moyenne de 6,1 % du PIB réel du G-20 des pays émergents en 2021. Autre effet de la pandémie qui place ces pays en position avantageuse : la tech s’est définitivement affirmée comme une valeur de croissance et les pays émergents performants dans ce secteur bénéficient d’une valorisation attrayante de leurs actions. L’analyste Senior Invesco Justin Leverenz juge que les investissements actuels dans ces valeurs de croissance ne reflètent pas l’économie réelle mais sont les conséquences d’une incertitude sur les marchés qui pousse les investisseurs à se concentrer sur certains segments particulièrement profitables. Il demeure que, selon le gérant Carmignac, "le monde émergent présente le double avantage d’un redémarrage économique plus rapide et d’une position enviable dans les secteurs de croissance".

 

 

 

 

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