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Andrew Bailey Gouverneur

Politique monétaire / Banque d'Angleterre / Taux directeurs

Politique monétaire
Banque d'Angleterre / Taux directeurs

Pas de taux négatifs pour la BoE

Contrairement à la BCE, la Banque d'Angleterre n'a toujours pas franchi l'étape des taux négatifs. Elle pourrait ne pas avoir à le faire, si la conjoncture s'améliore autant qu'elle l'anticipe : selon elle, le PIB britannique aura retrouvé ses niveaux pré-Covid dès le quatrième trimestre de cette année.
Banque d’Angleterre (BoE) - Londres
Banque d’Angleterre (BoE) - Londres

La Fed et la BoE résistent. Contrairement à ce que prévoyaient certains analystes, la Banque d'Angleterre n'a pas fait passer ses taux en territoire négatif même si le sujet a été largement abordé lors de sa conférence de politique monétaire ce matin. Les gouverneurs ont ainsi voté à l'unanimité pour le maintien des taux directeurs à 0,1% et décidé d'un commun accord de ne pas modifier le montant du programme d'achats de titres, de 895 milliards de livres. Si la BCE a franchi pour la première fois le cap en juin 2014 et à quatre reprises depuis, tandis que la Banque du Japon a de son côté baissé ses taux sous 0% en 2016, la Réserve américaine comme la Banque d'Angleterre ont pour l'instant refusé de céder à la pression. "La BoE n'est pas prête à faire usage des taux négatifs et pourrait même ne pas en avoir besoin", résume ainsi Paul Dales, chef économiste UK chez Capital Economics.

Les gouverneurs se sont effectivement montrés particulièrement confiants dans la reprise économique de leur pays, malgré un reconfinement très strict depuis le début de l'année, qui, l'ont-ils reconnu, pèsera sur le PIB en première partie d'année. Mais selon eux, l'économie britannique devrait accélérer en seconde partie d'année, et même regagner son niveau d'activité de pré-Covid, dès la fin du quatrième trimestre. La rapidité et le succès de la campagne de vaccination devraient ainsi permettre au pays de redémarrer fort et vite dès le printemps, alors que 15% de la population a déjà reçu une première injection, soit plus de dix millions de personnes. Des prévisions légèrement plus optimistes que lors de sa dernière conférence, où la BoE prévoyait un retour à la normale pour le premier trimestre 2022. L'inflation quant à elle devrait être légèrement supérieure à 2% dès la seconde partie de l'an prochain et sur toute l'année 2023, tandis que le taux de chômage atteindrait un niveau maximum de 7,8% l'an prochain contre 5% en novembre. "Les anticipations de croissance de la Banque d'Angleterre montrent clairement que les gouverneurs ne voient pas de nécessité à assouplir davantage leur politique monétaire", explique pour sa part James Smith, économiste chez ING.

Les banques britanniques ne sont pas suffisamment préparées aux taux négatifs

Si les taux négatifs ne sont donc pour l'instant pas d'actualité, les gouverneurs ont néanmoins largement abordé le sujet lors de leurs discussions. Ainsi, les membres de l'autorité de régulation prudentielle de la BoE ont indiqué que les institutions financières, avec lesquelles ils discutent du sujet depuis des mois déjà, ne pourraient encaisser le choc de taux négatifs avant six mois. Selon eux, les banques ne sont pour l'instant pas prêtes aux taux négatifs, les enjoignant de se préparer à une telle éventualité en seconde partie d'année. Mais la vieille dame de la rue Threadneedle a également précisé que le message de l'autorité prudentielle ne devait surtout pas être interprété comme un signal de futur assouplissement monétaire. "Selon nous, cette précision est la preuve supplémentaire que les taux négatifs ne seront pas utilisés lors de ce cycle économique", interprète James Smith.

Le programme d'achats de titres ne devrait pas non plus augmenter dans les prochains mois, alors que la BoE n'a pour l'instant utilisé que 16 milliards de livres des 150 milliards de livres supplémentaires annoncés en novembre dernier. La Banque centrale a même répété que ces achats devraient prendre fin d'ici la fin de l'année, sous-entendant que le rythme actuel de 4,4 milliards par mois pourrait diminuer. "Si elle ne diminue pas son rythme d'achats elle aura plutôt dépensé toute l'enveloppe d'ici le mois d'août", explique ainsi Paul Dales, de Capital Economics. La vieille dame de la rue Threadneedle ne devrait pour autant pas couper les vivres avant 2023 au plus tôt, le temps que les conséquences de l'épidémie et du Brexit soient encaissées. "Le début de resserrement monétaire n'aura pas lieu avant 2023 et la BoE devrait d’abord réduire son bilan avant d'entamer toute hausse de taux", conclut James Smith. 

 

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