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BNP Paribas rassure les actionnaires quant à leurs dividendes futurs
BNP Paribas a confirmé en fin d'année ses bonnes orientations observées au fil de ses publications de résultats intermédiaires l'année dernière : se elle n'a pas pu complètement échapper à la crise (comme en témoigne l'évolution de ses provisions pour coût du risque, qui ont flambé de 70% au quatrième trimestre et de 80% sur l'ensemble de l'exercice 2020, pour atteindre 5,7 milliards d'euros), la première banque de la zone euro par la capitalisation est parvenue à dégager davantage de bénéfice que ce qu'elle prévoyait elle-même et que l'anticipation moyenne des analystes.
Son résultat net a en effet atteint malgré tout 7,07 milliards d'euros : cela représente une baisse de 13,5%, alors que l'établissement - dans une prévision établie au mois de mai - s'attendait à un recul compris entre 15% et 20% et que le consensus Refinitiv ressortait à 6,12 milliards seulement. Le Produit net bancaire (PNB, équivalent au revenu) est quasiment stable (-0,7%) et atteint 44,28 milliards d'euros, un niveau très légèrement supérieur au même consensus (44,2 milliards).
BNP Paribas a été porté par ses activités de banque de financement et d'investissement (BFI), dont la vigueur des revenus a compensé la hausse particulièrement importante des provisions pour coût du risque affectées à cette division (+1,085 milliard d'euros par rapport à 2019). Ses revenus ont progressé de 14% (à plus de 13,7 milliards d'euros) et son résultat avant impôt s'est amélioré de près de 8% (à 3,45 milliards). La division Corporate banking (+10% de PNB) a profité de la très forte hausse des émissions obligataires des entreprises, qui se sont ruées sur les marchés pour sauver leurs liquidités face à la crise. Dans la division Global markets (+22,4% à 6,82 milliards d'euros), les revenus ont été tirés du courtage en taux, change et matières premières (FICC), qui ont bondi de 58,6% après un deuxième trimestre exceptionnel.
Cap sur les usages numériques
Ce dynamisme permet de compenser les activités de banque de détail, qui, en raison des mesures de restriction, ont vu leur revenu baisser de 2,1% (à 15,5 milliards d'euros) et le résultat avant impôt perdre 14% (3,3 milliards). Mais cette période difficile a aussi considérablement poussé les usages numériques des clients de BNP Paribas. Les clients actifs sur ses applications mobiles ont progressé de 20% au dernier trimestre 2020 et sont désormais plus de 6,1 millions et les connexions quotidiennes ont bondi de 42% (près de 4,6 millions). Les offres du compte Nickel et de Lyf Pay en ont également bénéficié : +27% de comptes ouverts au 31 décembre pour Nickel (à 1,9 million) et 30% de clients en plus pour Lyf Pay. Quant à Hello bank, elle comptait 2,9 millions de clients fin 2020 (+9%).
Le développement des usages numériques est un enjeu majeur pour BNP Paribas, confrontée depuis des années, comme toutes les autres banques, à la faible la rentabilité de son réseau d'agences. En ce sens, "l'épisode sanitaire a provoqué une accélération de la maturité de l'ensemble de nos clients vis-à-vis du digital ; c'est vrai des particuliers comme des grandes entreprises, qui vont conserver ces usages. Le plan stratégique 2022-25 ne pourra être que plus marqué. La totalité de nos investissement seront consacrés à cette dimension", a expliqué ce matin Jean-Laurent Bonnafé, directeur générale de BNP Paribas, à l'occasion d'une conférence de presse.
Le groupe n'a pas donné d'objectifs financiers chiffrés pour 2021, année de transition avant le plan stratégique 2022-25, en cours d'élaboration et qui devrait être présenté en début d'année prochaine. Il compte en revanche profiter des "courants porteurs" liés à un début de reprise économique à partir du second semestre. De quoi notamment retrouver un coût du risque "proche de la moyenne de cycle", soit 50 à 55 points de base (contre 66 l'année dernière), et une croissance "modérée" des revenus.
Vers une hausse des dividendes à partir de 2022
La direction a été en revanche plus précise et plus optimiste concernant les dividendes, dont le versement au titre de l'exercice 2019 (donc payable en 2020) a été abandonné du fait de la crise à la demande de la Banque Centrale Européenne (BCE). Au titre de l'exercice 2020, BNP Paribas va proposer de verser un dividende de 1,11 euro par action en mai prochain, payable en numéraire, soit un taux de distribution de 21%, maximum recommandé par la BCE.
Une restitution complémentaire de 29% du résultat 2020 est envisagée à partir du mois d'octobre, sous forme de rachat d'actions ou de distribution de réserves, dès l'abrogation de la recommandation de la BCE prévue d'ici au 30 septembre 2021 (sauf évolutions nettement défavorables). BNP Paribas reviendrait ainsi au taux cible de 50% fixé par la banque dans son plan stratégique "Road to 2020". Et - de quoi réjouir les actionnaires - la politique de distribution devrait évoluer dans le plan 2022-2025 vers une augmentation du ratio de distribution. "Nous allons entrer dans le plan 2022-25 avec un ratio de fonds propres très supérieur aux exigences du régulateur. Le surplus de 80 points de base par rapport à notre objectif pour 2020 [le ratio CET1 a atteint 12,8% fin 2020, contre un objectif de 12% selon "Road to 2020" et 12,1% fin 2019] provient de la non-distribution du dividende au titre de l'année 2019. Cela nous amène à réfléchir à une hausse du taux de distribution", a précisé Philippe Bordenave, le directeur général adjoint.
Les investisseurs ont salué ces déclarations, ainsi que la teneur des résultats. Les analystes de Citi évoquent par exemple des prévisions "encourageantes", notamment en matière de distribution aux actionnaires. L'action s'adjugeait près de 3,5% peu avant 15h30.
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