Macro-économie / Taux / Christine Lagarde / dette publique
Macro-économie / Taux
Christine Lagarde / dette publique
Christine Lagarde fait front
"Le débat est nuisible et il doit cesser", tranchait il y a peu, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne. L’Allemande n’a pas été écoutée puisqu’environ 150 économistes de toute l’Europe (dont 7 outre-Rhin) viennent de signer un appel à l’annulation des dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne – les initiateurs sont six économistes français. Parmi les signataires, on retrouve, l'économiste Thomas Piketty, l'ancien ministre belge Paul Magnette ou encore l'ancien commissaire européen hongrois Andor Lazlo. L’idée défendue par cet appel étant que les Etats qui profiteraient d’une annulation partielle de leur dette publique par la Banque centrale devraient en retour s'engager à investir un montant identique dans "la reconstruction écologique et sociale".
Bien consciente de la place croissante que prend ce débat en France, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a tout simplement expliqué qu’une telle décision ne serait pas "possible". Pourquoi ? "Parce que c’est illégal", avance la banquière centrale. Plus précisément, cela contreviendrait à l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Et la Française d’ajouter qu’"il n'y a pas unanimité des Etats membres à ma connaissance pour réviser le traité". Mettant en évidence les conséquences qu'un scénario d'annulation partielle de la dette publique hexagonale aurait pour la Banque de France (une perte d'environ 600 milliards d'euros), elle précise que cela ne serait pas "une opération neutre", malgré l'enrichissement concomitant de 600 milliards d'euros pour les Français.
En effet, selon Christine Lagarde, cela pourrait remettre en cause la signature française et donc atteindre la confiance des investisseurs "alors qu'un peu plus de 70% de la dette n'est pas détenue par l'Eurosystème". Tant et si bien que cela pourrait coûter "infiniment" plus cher à la France de se refinancer, fait-elle valoir. Concrètement, les créanciers du pays des Lumières pourraient être amenés à exiger une prime de risque beaucoup plus importante lors du refinancement s’ils commençaient à craindre qu’une annulation de la dette publique soit susceptible de les concerner dans un avenir plus ou moins proche.
Ainsi, pour rembourser la dette publique française, qui atteignait 2674,3 milliards d’euros à fin septembre 2020, la grande argentière, a déclaré qu’il faudra, "du temps, de la croissance, et troisièmement, il faut une maîtrise de la dépense publique, et là je crois qu'en France on a un peu de marge de manœuvre sur le sujet".
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