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ADP n'a pu éviter le plongeon
Face à l'effondrement total du trafic aérien en 2020 en raison de la pandémie, ADP n'a pu faire de miracles. Victime de la baisse de 60 % de sa fréquentation à 96,3 millions de passagers, le gestionnaire d'aéroports internationaux (Roissy-Charles de Gaulle, Orly, mais aussi en Tunisie, en Turquie, au Moyen-Orient, en Inde, aux Philippines, au Chili…) a vu son chiffre d'affaires s'éroder de près de 55 % l'année dernière et tomber à 2,14 milliards d'euros. Une telle dégradation de revenus était anticipée, puisque son ampleur est comprise dans la fourchette prévue par le groupe lui-même. ADP connaît une évolution proche de celle de l'ensemble du trafic de passagers européen - qui s'est effondré de plus de 70 % à son niveau de… 1995, selon les statistiques du Conseil international des aéroports publiées vendredi.
Élément - relativement - rassurant, ADP est parvenu à stabiliser sa trésorerie en ce début d'année 2021 (elle atteignait 3,5 milliards d'euros le 31 décembre dernier) et ne brûle quasiment plus de cash, alors que le trafic ne représente qu'un peu plus d'un tiers de celui de 2019, dernier exercice plein avant la pandémie. Un élément fondamental pour affronter la période actuelle. Grâce à un plan d'économies de 668 millions d'euros comprenant la fermeture d'infrastructures, l'opérateur est soulagé d'afficher un Ebitda positif (de 168 millions, en chute de 90 % tout de même…), tout en prévoyant une marge d'Ebitda de 18 à 23 % en 2021. Si sa dette a grimpé de moitié en 2020 (à 7,48 milliards d'euros) en raison des emprunts massifs réalisés sur le marché obligataire (notamment un total de 4 milliards d'euros pour Paris Aéroport) pour soulager sa trésorerie au plus fort de la crise, l'opérateur estime qu'il sera en mesure de maîtriser son endettement au cours des deux exercices à venir (matérialisé par un multiple dette nette/Ebitda compris entre 6 et 7x fin 2022).
Pas de dividende pour 2020
D'autres signes sont en revanche moins réjouissants. D'un point de vue ponctuel, preuve de la gravité de la crise, ADP a subi une perte nette d'une ampleur qui a surpris : 1,17 milliard d'euros en 2020, contre un bénéfice de 588 millions en 2019 et un consensus des analystes anticipant une perte de 860 millions. C'est notamment la conséquence de dépréciations sur certains actifs internationaux, signe de la gravité de la situation, en particulier les joint-ventures AIG et TAV Airports, ainsi que l'aéroport de Santiago du Chili. Au total, ces dépréciations lui ont coûté 378 millions d'euros de résultat net. En outre, le groupe indique qu'en fonction de l'évolution de la situation et des discussions en cours avec ses partenaires, il pourrait passer des dépréciations supplémentaires d'un montant estimé de 80 millions d'euros. En outre, les provisions pour le plan de départs volontaires, signé en décembre, sont venues grossir la facture des éléments exceptionnels.
Autre nuage montrant que la pandémie n'a pas terminé d'instiller ses méfaits avec ses nouveaux variants, ADP a dégradé assez significativement ses prévisions de trafic pour Paris Aéroport pour 2021 : il devrait atteindre entre 35 % et 45 % du niveau de 2019, contre une prévision antérieure comprise entre 45 % et 55 %. Les chiffres du mois de janvier, publiés mardi, ne sont en effet guère encourageants : le trafic a chuté de 73,5 %... Pour les infrastructures situées à l'étranger, l'anticipation reste dans la fourchette originelle. Le groupe a confirmé qu'il espérait un retour du trafic à son niveau d'il y a deux ans entre 2024 et 2027. Il faudra s'armer de patience.
Sans grande surprise, ADP ne prévoit pas de verser de dividende au titre de l'exercice 2020.
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