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Private Equity / Ardian / ADP / Indigo

Private Equity
Ardian / ADP / Indigo

Ardian est-il un investisseur crédible pour ADP ?

La société de capital-investissement, qui vient de lever un fond de 6,1 milliards d’euros afin d’investir dans les infrastructures, se verrait bien concourir à la privatisation d’Aéroports de Paris. Mais un joyau comme ADP peut-il vraiment être confié à Ardian qui privilégie le seul court terme ?
Ardian - logo
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La société de capital-investissement Ardian qui avait investi dans Indigo en 2014, puis en 2016 a annoncé hier son intention de vendre l’intégralité de sa participation. Pourtant lorsqu’elle a investi à deux reprises chez ce concessionnaire de parkings vendu par Vinci, les communiqués parlaient de volonté de développement sur une longue échéance. Cinq ans plus tard, c’est-à-dire l’espace d’un claquement de doigts dans le monde de la finance, Ardian prend la poudre d’escampette, et empoche sa plus-value. Tant pis pour les belles promesses d’un accompagnement durable. C’est ce que nos anciens appelaient "faire Charlemagne". Jolie expression qui a hélas disparu.

On pourrait penser qu’Indigo est une exception. Le problème c’est qu’il y a tout juste un an Ardian a cédé à AMP Capital sa participation de 49 % dans l’aéroport de Luton, le dynamique hub d’Easyjet, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Londres. Curieuse cession de la part d’un investisseur qui avait affiché l’intention de conserver sa participation pendant une dizaine d’années. Il est savoureux de relire ce qu’affirmait en 2013 Mathias Burghardt, Responsable de l’activité Infrastructure chez Ardian, à propos de cette opération : "En tant qu’actionnaire de long terme, nous fournirons l’assurance et la stabilité nécessaires au management de London Luton pour réussir. Cet aéroport doit remplir son rôle au sein du système aéroportuaire de Londres et participer à la vie et à l’économie de la région de Luton dans un esprit durable".

Pour les collectivités locales qui aimeraient détenir 29,9 % d’ADP, Ardian est le co-actionnaire idéal qui pourrait acquérir les 21 % restants. Le seul problème, c’est que si Ardian est un actionnaire actif, le long terme ne l’intéresse pas et l’intérêt du pays non plus. On l’a vu avec le Club Méditerranée où Ardian (qui s’appelait encore Axa Private Equity à cette époque) est entré au capital aux côtés du chinois Fosun avant de se retirer entièrement au profit de ce conglomérat asiatique, qui a mis la main sur l’un des joyaux de l’industrie touristique française. D’ailleurs les parkings Indigo ont failli être vendus il y a deux ans par Ardian au chinois Shougang, qui aurait ainsi mis la main sur une bonne partie des parkings souterrains de Paris.

Bref Ardian – et WanSquare ne cesse de le répéter – est une structure pleine de succès qui investit toujours avec un très bon rendement. Mais pour se faire accepter comme actionnaire, la société de capital-investissement explique toujours qu’elle intervient pour accompagner telle ou telle entreprise sur le long terme, et parée du drapeau français, on croit facilement ce qu’elle dit. Alors que son seul intérêt est de faire la plus grosse plus-value dans le temps le plus court possible.

Voilà pourquoi les collectivités locales franciliennes feraient bien de se méfier avant de s’associer avec Ardian pour prendre le contrôle d’ADP. Elles risquent de servir de cheval de Troie à un Chinois ou à un autre fonds étranger qui débarquerait dans cinq ans, alors qu’il s’agit d’une concession de soixante-dix ans. ADP mérite mieux comme actionnaire, compte tenu de sa gestion efficace, de sa capacité de développement, et de son rôle stratégique qu’un boursicoteur caché sous les habits d’un vrai fonds d’infrastructures sur le long terme, comme l’est Macquarie.

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