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Air France-KLM
Air France-KLM joue son va-tout dans les semaines qui viennent
Le mastodonte de l’aéronautique a subi une perte nette de 7,1 milliards d’euros au cours de l’exercice 2020 et ses recettes se sont effondrées de 59 % en 2020, à 11,1 milliards d’euros, en ligne avec la diminution du nombre de ses passagers, de 67,3 % sur l’année. Toutes ses compagnies aériennes du groupe ont été touchées, les premiums, soit Air France et KLM (-69 % de chiffre d'affaires) et sa compagnie à bas coût Transavia (-65 %). L'activité de sa division de maintenance est aussi en fort repli (-42 %).
Le seul segment du groupe à s’être mieux porté est sa branche "Cargo", soit le fret aérien, dont les revenus sont en hausse de 19 %. Le groupe doit cette embellie à l'augmentation du coût unitaire du fret du fait de la baisse du nombre de soutes disponibles. "Le marché a été capable de négocier des recettes unitaires plus élevées, ce qui a contribué à faire remonter les recettes", explique Ben Smith, le directeur général canadien à la tête du groupe depuis l’été 2018. Mais cela n’a pas suffi. Pour tenir, le groupe a joué sur deux leviers : son endettement et son plan salarial.
Une situation capitalistique vouée à évoluer
Sa dette a considérablement augmenté, de 5 milliards d’euros, ce qui élève son total à 11 milliards. Et ce, grâce aux prêts accordés par les gouvernements néerlandais et français, qui à eux deux ont réuni un montant total de prêts directs ou garantis au groupe de 10 milliards d‘euros, dont tout n'a pas encore été tiré. Interrogé à propos de la viabilité de la situation financière du groupe, le dirigeant a confirmé lors de la conférence de presse hier les pourparlers en cours entre l’État français et la Commission européenne afin de transformer la totalité ou une partie de la dette en capitaux propre. "Nous souhaitons qu’une partie du soutien du gouvernement passe de la dette aux fonds propres", a déclaré Ben Smith. Il ajoute : "c’est une opération complexe et technique, ce qui explique que les discussions prennent plus de temps que prévu [mais] c’est davantage une question de jours ou de semaines, que de trimestre".
Les salariés sont en première ligne de la crise
Autre levier sur lequel le groupe compte principalement pour diminuer drastiquement ses dépenses : son plan salarial. Dès la fin de l’année 2020, la compagnie KLM comptait 5.000 salariés en moins et Air France 3.600 en moins - 368 pilotes, 1.103 stewards, et environ 2.000 départs naturels ou non renouvellement de contrats, selon un porte-parole du groupe joint par Wansquare, en ligne avec les objectifs que le groupe s’était fixés. Concernant Air France, outre cette diminution effective de 3.600 postes, la compagnie compte 2.100 candidatures de départs volontaires, conformément à ce que le groupe avait annoncé, dans le cadre de la première phase de son plan qui se termine dans une semaine.
"On essaye de tracer une trajectoire économique soutenable entre aujourd’hui et le moment où la marge se rétablira" explique Ben Smith. Il précise que le groupe sera en mesure d’affirmer que la situation s’est améliorée une fois que le ratio dette nette/Ebitda (après les opérations de recapitalisation) sera proche de 3. Le groupe vise cet objectif à horizon 2023, l’une des formules possibles pour l'atteindre étant la transformation de cette dette en fonds propre. Le dirigeant d'Air France-KLM plaide enfin en faveur "d’une harmonisation des politiques à travers les pays" pour sortir de l’impasse dans laquelle le secteur se trouve.
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