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Politique économique / Guerre commerciale / Libre-échange / commerce mondial

Politique économique
Guerre commerciale / Libre-échange / commerce mondial

Quels seront les freins au commerce mondial en 2021 ?

La pandémie ne sera pas le seul facteur de ralentissement des échanges mondiaux cette année, alors que les relations sino-américaines semblent mal engagées et que le Covid a entraîné un repli protectionniste, qui devrait perdurer.
Porte container
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Cela fait un moment déjà que le commerce mondial a retrouvé ses niveaux pré-pandémie. En janvier dernier, le Bureau d’Analyse Économique et Politique des Pays Bas avait dévoilé que les échanges avaient même dépassé de 1 % leur niveau de décembre 2019, malgré le grand confinement du printemps 2020. Le commerce international a donc cette fois-ci beaucoup mieux résisté que lors de la crise de 2008, où il lui avait fallu un an de plus au PIB mondial pour retrouver ses niveaux de 2007. Certes, ce chiffre global marque de fortes disparités régionales, en fonction de la vitesse de la reprise des économies locales : c'est ainsi l’Asie qui a le plus bénéficié de la reprise des échanges, non seulement parce que le continent est celui qui est le plus rapidement parvenu à endiguer l'épidémie, et dont le PIB est reparti le plus vite ; mais aussi parce qu'il a été "le principal bénéficiaire du déplacement de la demande des consommateurs en services et dans le tourisme au profit de biens pour le travail à domicile (ordinateurs, installation numérique, hardware…), dans lesquels l'Asie et la Chine en particulier sont leaders", expliquaient ainsi Kieran Tompkins et Simon MacAdam, économistes chez Capital Economics, dans une note il y a quelques semaines.

Et si pour le moment, la reprise des échanges de services est loin derrière le commerce industriel, du fait de mesures de confinement encore strictes dans de nombreux États, les échanges dans le secteur tertiaire semblent reprendre des couleurs, selon des données publiées par l'OMC la semaine dernière. Ainsi l'indice fourni par le Baromètre du commerce des services de l’Organisation dévoilé le 22 mars, a fortement augmenté, à 104,7, au-dessus de la valeur de référence de 100 et bien au-dessus du niveau le plus bas de 91,2 au début de la pandémie. "La dernière valeur relevée est la plus élevée jamais enregistrée (d’une série remontant à 2000) et elle est bien supérieure à la valeur de référence de 100 qui indique une croissance conforme aux tendances récentes", a expliqué l’organisation internationale dans une note. Ce qui, selon l'OMC "suggère que la croissance du commerce mondial des services s’est accélérée au quatrième trimestre de 2020, après avoir atteint son plus bas niveau au deuxième trimestre et avoir connu seulement une légère reprise au troisième trimestre".

 

Des obstacles à la reprise des échanges

 

Malgré ces chiffres plutôt rassurants pour les échanges mondiaux, le commerce pourrait de nouveau ralentir dans les prochains mois, estime cependant Joanna Konings, économiste chez ING. Plusieurs raisons à cela, et pas uniquement liées à la persistance du virus. Certes, la lenteur de la vaccination en Europe et le décalage de croissance que cela risque d'entraîner par rapport au reste du monde vont peser sur le commerce international, alors que les échanges au sein du Vieux Continent représentent 20 % du commerce global et que l'UE est la destination de 13 % des exportations mondiales. Par ailleurs, les contraintes de capacités risquent d'affecter les échanges cette année, alors que le taux de fret est encore deux fois inférieur à son niveau pré-Covid, en raison de la pénurie de conteneurs résultant des réductions de capacité des principales routes maritimes et du ralentissement des vitesses de manutention portuaire.

Mais c'est surtout les changements de comportement liés à la pandémie qui risquent d'affecter durablement les échanges entre pays, estime l'économiste d'ING. Ainsi, l'épidémie a entraîné un renforcement des contrôles sur les produits importés considérés comme stratégiques, tels que certains aliments ou médicaments. "Par ailleurs, les subventions à l'industrie, initialement présentées comme des mesures temporaires risquent de rester en place une fois l'épidémie terminée, ce qui entraînera des distorsions qui pourraient affecter 13,6 % des échanges mondiaux et rendre l'accès de certains marchés étrangers plus difficile", poursuit, Joanna Koning. Enfin, dernier facteur, et non des moindres, qui pourrait entraver les échanges internationaux cette année, des relations encore conflictuelles entre la Chine et les États-Unis. La première entrevue entre Pékin et Washington depuis l'élection de Joe Biden la semaine dernière n'a en effet pas vraiment témoigné d'un réchauffement des relations, quelques semaines après que la nouvelle secrétaire au commerce américaine Katherine Tai a déclaré qu'elle ferait appliquer strictement les accords commerciaux en vigueur avec la Chine. Les tarifs douaniers sont "un outil légitime" et "un élément très important de notre boîte à outils pour obtenir un commerce équitable", a-t-elle déclaré au cours de son audition devant le Sénat en vue de sa confirmation. Avant d'ajouter que les droits de douane supplémentaires dans le secteur de l'acier et l'aluminium qui avaient été imposés par l'administration républicaine seraient maintenus.

Malgré ces nombreux obstacles, les échanges devraient tout de même progresser de 6 % cette année, selon les estimations d'ING, après un recul quasi équivalent l'an dernier, grâce à la reprise économique mondiale et la levée progressive des mesures de confinement.

 

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