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Commerce mondial : au tour des services de trinquer
Les effets de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui se limitaient jusqu’à présent essentiellement au secteur manufacturier, pourraient bien s'étendre au secteur des services. Une évolution qui pourrait faire ralentir davantage la croissance économique mondiale.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a publié un nouveau baromètre du commerce des services qui vise à mesurer son évolution lors des prochains mois. C’est en effet un très bon indicateur avancé de la dynamique des services à court terme. L'indice est tombé à 98,4 en juin, soit un niveau inférieur à sa moyenne à long terme égale à 100 et au sommet récemment atteint de 103,1 un an auparavant. Selon l'OMC, cela dénote "une perte de vitesse dans le commerce mondial des services", bien qu'elle ait ajouté que le commerce transfrontalier de services résiste bien mieux que celui des biens.
Le commerce des services avait déjà fortement ralenti au cours des trois premiers mois de 2019, enregistrant une augmentation de 3,6 % par rapport à l'année précédente, contre 5,1 % au cours du dernier trimestre de 2018. Les services couverts par l'indicateur de l'OMC vont du voyage aérien aux technologies de l’information et de la communication. Plus tôt ce mois-ci, l'Association du transport aérien international (IATA) a déclaré que la demande de passagers avait considérablement diminué en juillet. "Les tarifs douaniers, les guerres commerciales et les incertitudes concernant le Brexit contribuent à un environnement de la demande plus faible qu’en 2018", a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA.
La hausse des droits de douane a contribué à une dégradation du commerce transfrontalier de biens, contribuant à un affaiblissement de la croissance économique mondiale cette année avec une croissance de la production manufacturière qui ralentit nettement. Cela a incité un nombre croissant de banques centrales, en particulier émergentes, à réduire leurs taux directeurs afin de soutenir la croissance et limiter l'impact de la hausse des taxes sur d'autres secteurs de l'économie comme celui des services. La transmission s'est faite à son rythme mais il y a toujours eu un certain temps de latence entre le commerce international de services et celui de marchandises, malgré l'amélioration des technologies de l’information et de la communication qui ont favorisé la synchronisation entre ces deux secteurs au cours des deux dernières décennies.
Les fondamentaux économiques et géopolitiques mondiaux ne plaident pas pour un retournement de tendance pour le commerce des services et des biens à court terme, puisque le conflit sino-américain n'est pas près d'être résolu, même si une très courte accalmie est apparue. Sans parler des péripéties du Brexit qui pourraient continuer à plonger l'Europe dans l'incertitude après le 31 octobre prochain et les conflits au Moyen-Orient qui n'en sont peut-être qu'à leurs débuts.
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