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Le Royaume-Uni sort la tête de l'eau
La Grande-Bretagne a entamé hier son déconfinement progressif, avec l'ouverture des pubs et des restaurants en extérieur, quelques semaines après la reprise des cours en présenciel dans les écoles. Une situation que le Vieux Continent et la France lui envient, alors que de nombreux pays européens ont au contraire dû renforcer les mesures de restrictions sociales en raison de l'accélération de la troisième vague. Mais le Royaume-Uni, d'où est parti le variant qui porte son nom, le contraignant à un troisième confinement très dur début janvier, sort peu à peu la tête de l'eau. Certes le pays a affiché de très mauvais résultats économiques au mois de janvier, avec un PIB en recul de 2,2%. Mais il a finalement repris des couleurs plus rapidement que prévu.
Ainsi le PIB britannique a progressé de 0,4% en février selon les données dévoilées ce matin par le bureau des statistiques, malgré des mesures de restriction sociales encore importantes sur la période (les écoles n'ont rouvert qu'à la mi-février). "Ce chiffre n'est pas une grande surprise puisque les données d'achats par carte bancaire avaient progressé en février et les enquêtes de confiance étaient en hausse", explique James Smith, économiste marchés développés chez ING. Sans surprise, c'est le secteur des services, le plus affecté par les mesures de confinement, qui a le moins bien performé, avec une progression de 0,2% seulement, tandis que le secteur manufacturier a progressé de de 1,3% et de 1,6% pour celui de la construction. Les chiffres du commerce britannique sont également encourageants : les exportations britanniques aux pays non européens ont reculé de 7,5% mais celles à destination du Vieux Continent ont progressé de 56,9%, compensant le fort recul des ventes britanniques en Europe du mois de janvier. Rappelons que celles-ci ont reculé de 45,7% en janvier en raison du choc du Brexit. "Les exportations de biens britanniques vers l'UE sont encore 4% en dessous de leur niveau de février 2020", tempère Thomas Pugh, économiste chez Capital Economics. "La situation du commerce britannique s'est améliorée ces dernières semaines mais il est clair que les entreprises auront besoin de temps pour s'adapter au nouvel environnement post Brexit", prévient James Smith.
L'activité britannique est donc désormais située 7,8% en dessous de son niveau pré-pandémique, et devrait rapidement retrouver le niveau de février 2020, si la campagne de vaccination continue d'accélérer. Car c'est là l'une des forces du pays par rapport au Vieux Continent : le succès de sa stratégie vaccinale. Le Premier ministre Boris Johnson a ainsi annoncé qu'il avait atteint son objectif de vacciner tous les plus de 50 ans et les personnes vulnérables ou exposées avant le 15 avril. Plus de 32 millions de personnes (pour 66 millions d'habitants) ont reçu au moins une première dose au Royaume-Uni et le gouvernement entend avoir proposé un vaccin à tous les adultes d'ici la fin juillet.
Selon l'économiste d'ING, le PIB britannique devrait progresser de 5% au second trimestre, à condition cependant que les Anglais dépensent une partie de l'épargne mise de côté pendant les mois de confinement. "Selon nous, une partie sera dépensée mai il faut aussi se souvenir que cette épargne forcée concerne surtout les ménages les plus aisés, dont la propension marginale à consommer est plus faible", avertit James Smith. Si la consommation repart, que l'épidémie est contenue, et que le vaccin est efficace contre d'éventuels variants alors l'économie britannique pourrait retrouver ses niveaux de février 2020 à la mi-2022.
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