Macro-économie / Taux / McKinsey Global Institute / productivité
Macro-économie / Taux
McKinsey Global Institute / productivité
Un doublement des gains de productivité d’ici à 2024 ?
Alors que l’économie mondiale connaît une de ses périodes les plus funestes, la nouvelle étude de McKinsey Global Institute a de quoi mettre du baume au cœur. Selon l’institut de recherche du cabinet de conseil en stratégie, l’on pourrait observer un doublement de la croissance de la productivité (un point de pourcentage supplémentaire) d’ici à 2024 aux États-Unis et au sein de certaines des plus grosses économies européennes - Allemagne, France, Espagne, Italie, Suède, Royaume-Uni - soit 40 % du Produit intérieur brut mondial.
Le progrès de la numérisation et de l’automatisation serait l’un des piliers de cette croissance. "Avec les bonnes conditions en place, cela a le potentiel d'augmenter la productivité en remplaçant les employés ou de contribuer à augmenter la production par travailleur", avancent les experts de l’institut de recherche. Si bien que le chiffre le plus parlant mis en avant par ces derniers est peut-être celui-là : en raison de la crise pandémique, les entreprises ont numérisé de nombreuses activités 20 à 25 fois plus vite qu'elles ne l'auraient cru possible auparavant. La recrudescence de fusions acquisitions pourrait également doper la productivité, en ce sens qu’elles favorisent la réaffectation des ressources ainsi que la consolidation qui "peuvent aider les entreprises les plus productives à se développer et à devancer leurs concurrents". Et en ce début d’année, elles ont le vent en poupe. Enfin, l’investissement tant dans le capital humain que physique aura son mot à dire.
À la lumière de ces différents facteurs, l’institut de recherche a analysé quels secteurs étaient les mieux dotés dans cette course aux gains de productivité. Il en ressort que les progrès effectués (au troisième trimestre 2020) sur ces différents critères semblent plus importants dans les secteurs qui étaient déjà en avance sur leurs pairs sur ces mêmes critères avant la pandémie, c’est-à-dire : les services professionnels, scientifiques et techniques, les technologies de l'information, les soins de santé et les services de communication. "Il s'agit d’importants secteurs, et s'ils parviennent à une plus grande croissance de la productivité, ils pourraient avoir un impact positif sur la croissance de la productivité dans l'ensemble de l'économie", anticipe l’étude.
À noter toutefois que, "sur de nombreux indicateurs, les progrès sont apparus concentrés dans les grandes entreprises superstars, en particulier aux États-Unis", or, un bond de la productivité ne sera possible que si, à l'issue de la pandémie, cette dynamique "se répand et si la demande se renforce". Selon McKinsey Global Institute, la plus forte hausse potentielle de la croissance de la productivité sur la période 2019-24 pourrait être enregistrée dans les secteurs de la santé, de la construction, des technologies de l'information et des communications, du commerce de détail et des produits pharmaceutiques, avec environ 2 points de pourcentage par an, contre environ 1 point de pourcentage par an pour la plupart des autres secteurs.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

