Macro-économie / Taux / Taux de marge / Inflation / Coût du travail / productivité
Macro-économie / Taux
Taux de marge / Inflation / Coût du travail / productivité
La vérité sur les marges des entreprises européennes / Beaucoup de mouvement, peu de changement à l’arrivée
Accusées, à plus ou moins juste de titre, de contribuer à l’inflation en refusant de rogner leurs marges, les entreprises des principaux pays de la zone euro présentent, en réalité, des taux de marge proches de leurs niveaux d’avant la crise sanitaire, selon l’Insee. Et ce malgré de forts mouvements, tant à la hausse qu’à la baisse, lors des trois dernières années.
De fait, les restrictions d’activité mises en place en 2020 et 2021, à cause la pandémie, ont pu engendrer d’importantes pertes de chiffres d’affaires pour les entreprises, tout en s’accompagnant de mesures d’aides spécifiques. Le taux de marge s’est ainsi fortement dégradé en Espagne, tandis qu’il a nettement augmenté en France et en Allemagne.
En 2022, l’inflation galopante et les tensions sur les approvisionnements en énergie, ont permis au taux de marge en France de retrouver un niveau proche de celui de 2018. Il s’est maintenu en Allemagne à un niveau un peu plus élevé, encore aujourd’hui, et s’est fortement amélioré en Espagne. En Italie, où ses mouvements pendant la crise sanitaire ont été moins prononcés, le taux de marge a retrouvé fin 2022 un niveau comparable à celui d’avant-crise.
Jeu de compensation
Dans le détail, malgré la dégradation des termes de l’échange intérieur – soit le prix de la valeur ajoutée rapporté au prix de consommation des ménages – dans les quatre principaux pays de la zone euro, le taux de marge a été soutenu par des salaires moins dynamiques que les prix de consommation et, selon les pays, par des gains de productivité, notent les économistes de l’Insee.
Dans un contexte de renchérissement du prix des matières premières importées, "la dégradation des termes de l’échange intérieur est une conséquence directe du choc d’inflation importée touchant l’économie domestique", expliquent-ils. Ce dernier se traduit par un renchérissement des importations relativement aux exportations et, mécaniquement, par un renchérissement de la consommation des ménages relativement à la valeur ajoutée.
Il en découle une pression à la baisse sur le taux de marge dans la mesure où le dynamisme du prix de consommation peut être lié, schématiquement, à celui des salaires. En 2021, les termes de l’échange intérieur se sont dégradés aussi bien dans l’industrie manufacturière que dans les services marchands.
Coût du travail et gains de productivité
À l’inverse, la diminution du coût réel du travail a soutenu fortement le taux de marge en 2022, par rapport à 2021, hormis en France. Les gains de productivité ont, quant à eux, contribué marginalement en 2022 à l’évolution du taux de marge en France et en Allemagne. En Espagne et en Italie en revanche, ils l’ont nettement soutenu, l’activité ayant été en 2022 plus dynamique que l’emploi.
D’autres facteurs, comme la hausse des impôts de production ou la baisse des subventions versées aux entreprises (qui réduisent comptablement l’excédent brut d’exploitation et donc le taux de marge), ont également pesé, en France et en Allemagne, sur l’évolution de leur taux de marge en 2022. Cette contribution négative traduit notamment la réduction des aides versées aux entreprises dans le contexte de la crise sanitaire.
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