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Ce que la productivité peut tirer de la numérisation
Sept années. C’est selon une récente étude du cabinet McKinsey le gain de temps généré par la crise pandémique concernant la transformation numérique des entreprises. Les investissements dans les biens incorporels, notamment les technologies numériques, ont "probablement contribué à atténuer les pertes de productivité découlant des mesures de restriction mises en place pour faire face au virus", expliquent Lone Engbo Christiansen, Ashique Habib, Margaux MacDonald, et Davide Malacrino, chercheurs au Fonds monétaire international (FMI). Si cette tendance se confirme, cela pourrait bien influer à la hausse sur la productivité dans les années à venir, selon les économistes.
En effet, leurs travaux basés sur 15 pays entre 1995 et 2016 démontrent qu’une hausse de l'investissement en capital incorporel (les actifs tels que les technologies numériques y sont intégrés) provoque une hausse significative d’un des carburants de la croissance économique : la productivité du travail. Cette dernière croît d'environ 4,5 % à la suite d’une hausse de 10 % de l’investissement en capital incorporel, en raison de l'amélioration de l'efficacité et des compétences. À titre de comparaison, une croissance équivalente de l’investissement en capital corporel (comme les bâtiments et les machines) est associée à une augmentation de près de 3,5 % de la productivité du travail.
Si l’investissement dans la numérisation offre donc un potentiel significatif de hausse de la productivité après la pandémie, certaines de ses faiblesses incitent à la prudence. En effet, il est particulièrement sensible aux conditions de financement et souffre généralement durant les récessions où elles se resserrent. Cela s’explique par le fait que "contrairement au capital immatériel il n'est généralement pas susceptible d'être donné en garantie, ce qui rend son financement plus coûteux", avancent les chercheurs.
Par ailleurs, si une crise financière a été évitée jusqu'à présent pendant la pandémie, les bilans des entreprises pourraient continuer de se dégrader en ce sens que l'incertitude reste élevée et qu’un certain degré de distanciation sociale reste nécessaire pendant une période prolongée. Or, cela pourrait peser sur les investissements dans les technologies immatérielles et donc sur la productivité, anticipe le FMI.
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