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Emploi ; Productivité ; Temps de travail ; Apprentissage ; Aides aux entreprises ; France ; Conjoncture ; Plein-emploi ; OFCE

Indicateurs macros / Emploi / productivité / Apprentissage / France / Conjoncture

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Emploi : les raisons de sa résilience / Le plein-emploi pour 2027 loin d’être assuré

La résistance de l’emploi face à une conjoncture économique dégradée a de quoi intriguer. Les principaux responsables seraient, selon l’OFCE, la durée du travail, l’apprentissage et les mesures de soutien aux entreprises. Pas de quoi garantir le plein-emploi pour autant.
L'apprentissage expliquerait près de 25 % de la bonne tenue de l'emploi (David CESBRON/REA)
L'apprentissage expliquerait près de 25 % de la bonne tenue de l'emploi (David CESBRON/REA)

Trimestre après trimestre, le dynamisme des créations d’emploi en France ne cesse de surprendre. Au point que le gouvernement se surprend même à rêver du plein-emploi à l’horizon 2027. Dans une note, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) revient sur les facteurs explicatifs de la forte progression (4,6 %) de l’emploi salarié marchand depuis 2019.

 

Trois pistes, 70 % de pouvoir explicatif

 

Une première explication réside dans une durée du travail moyenne par salarié qui n’a toujours pas retrouvé son niveau qui prévalait avant la crise sanitaire, réduisant de fait la productivité apparente des salariés. Le fort recours à l’apprentissage observé depuis cette date constitue une autre piste envisageable.

L’OFCE pointe également les nombreuses aides accordées aux entreprises depuis le début de la pandémie. Celles-ci ont non seulement pu favoriser l’embauche pour des entreprises qui se portaient bien mais aussi maintenir artificiellement certaines d’entre elles en activité alors même qu’elles auraient dû faire faillite.

Ces trois pistes expliqueraient, à elles seules, près de 70 % de la bonne tenue du marché du travail au cours des trois dernières années. Dans le détail, la moindre durée du travail des salariés compterait pour 18 % (près de 200 000 emplois), la forte progression du nombre d’apprentis pour 24 % (plus de 250 000 emplois) et les nombreuses mesures de soutien aux entreprises pour 26 % (environ 280 000 emplois).

 

7,5 % de chômage en 2027

 

Pourtant, les raisons qui expliquaient la bonne tenue de l’emploi hier semblent aujourd’hui s’essouffler, rendant chaque jour un peu moins réaliste l’objectif du plein-emploi. Plus mesuré, l’OFCE table sur un taux de chômage d’environ 7,5 % d’ici la fin du quinquennat.

Déjà, l’OFCE anticipe un retour, fin 2024, de la productivité horaire et apparente du travail à son niveau de 2019. Ensuite, les aides du gouvernement accordées aux entreprises ont nettement diminué depuis le pic de la pandémie si bien que l’on assiste aujourd’hui à la normalisation du nombre de défaillances d’entreprises. Le remboursement des prêts garantis par l’État mettant en difficultés certaines firmes.

Enfin, et surtout, on devrait observer un net reflux de l’apprentissage, jusque-là porté par la réforme "structurelle, limpide et soigneusement conçue" de 2018. Le décollage fulgurant de l’apprentissage coïncide avec la création d’une "aide exceptionnelle", à partir de mi-2020, d’un montant inédit – 5 000 euros pour un mineur, 8 000 pour un majeur – à laquelle s’ajoutent les exonérations sociales et fiscales complètes pour les employeurs mais aussi pour les salariés qui bénéficient des contrats d’apprentissage.

Or, cette année, le montant de l’aide passe à 6 000 euros pour tous, pour la première année du contrat, au lieu d’une aide dégressive sur 3 ans. "Cette nette réduction de l’aide, sans aucune impulsion nouvelle en contrepoint, présage une diminution des entrées en apprentissage dans la prévision" de l’ordre de 25 %, estime l’OFCE.

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