Macro-économie / Taux / BCE / transition énergétique / Taux de marge / Financement
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BCE / transition énergétique / Taux de marge / Financement
Une compétitivité énergétique de l’Europe toujours balbutiante / La baisse des prix qui n’a pas tout résolu
Les marges des entreprises déchaînent les passions et les débats depuis des mois, certaines d’entre elles n’ont pas le loisir d’en réaliser. Les pics des prix de l’énergie sont pourtant derrière nous, cela n’empêche pas la compétitivité européenne de battre quelque peu de l’aile.
Pour l’heure à en croire John Hutchinson, économiste à la Banque centrale européenne (BCE), ce sont avant tout "les entreprises à forte intensité énergétique [qui] ne se sont pas redressées de la même manière", tandis qu’une majorité de firmes ont su retrouver leur rentabilité avec la baisse des prix de l’énergie. Cette analyse produite à partir de données belges, jugée pertinente puisque étant un des principaux pôles pétrochimiques d’Europe et dispose d’un secteur manufacturier très énergivore, s’inquiète de ce phénomène et de ses conséquences sur les ressources de ces entreprises.
Sursis
Difficile d’investir lorsque ses ressources sont ténues, l’économiste de la BCE argue que " cette pression financière limite les sources internes de financement des entreprises les plus à forte intensité de carbone", un constat d’autant plus amer qu’il rappelle que "les entreprises à forte intensité énergétique doivent se préparer à l’augmentation imminente des coûts des émissions de carbone suite à la mise en œuvre complète du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne".
C’est peu dire que John Hutchinson trouve que la réalité des marges est contre intuitive, il rappelle que l’an passé " les marchés de l’énergie se sont normalisés et les entreprises à forte intensité énergétique ont connu une baisse significative des coûts des intrants en raison de la baisse des prix de l’énergie". Une situation qui aurait logiquement dû profiter aux industries à forte intensité énergétique. Hélas il s’avère que "leurs marges bénéficiaires n’ont pas réussi à se redresser".
Décroissance
Pour comprendre ce phénomène, il propose de s’intéresser non pas uniquement au seul critère des émissions produites mais également aux biens. Une grille de lecture qui le conduit à arguer que "les récentes réductions d’émissions de l’industrie reflètent principalement une baisse de la production plutôt qu’une amélioration de l’efficacité carbone". Les chiffres sont saisissants puisqu’entre 2021 et 2023, on voit que "la production de biens intermédiaires au sein de l’UE a connu une baisse d’environ 7 % sur la même période et d’environ 10 % si l’on compare décembre 2021 à décembre 2023 ".
Les solutions ne sont pas légion pour que les entreprises européennes ne soient pas des "zombies bruns" - des firmes non compétitives dans une économie plus verte de jour en jour -, il faudra des fonds pour investir dans des technologies propres novatrices. En absence de ressources propres suffisantes, devant une taxe carbone qui ne pourra résoudre tous les maux et avec "une loi sur l’accélérateur de la décarbonation industrielle proposée par la prochaine Commission européenne" uniquement jugée "très prometteuse", il ne reste que peu de leviers à actionner. Pour l’économiste il existe bel et bien plusieurs pistes dont l’une "est le soutien des pouvoirs publics" et les aides ciblées évoquées précédemment. L’investissement privé est très largement absent de ce billet de blog, à rebours du constat posé par de nombreux acteurs (notamment à l’occasion des rencontres organisées par Rexecode) sur la nécessité de mieux mettre à profiter l’importante épargne des ménages européens.
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