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L'action CGG rejoint les "penny stocks"
Le groupe de services parapétroliers CGG révélait ce matin ses comptes au titre des trois premiers mois de l’année. La Bourse est cette fois-ci sans pitié dans son appréciation : tandis que son cours s’adjugeait 5,9 % lors de la publication de ses résultats annuels au mois de mars dernier, il chute cette fois-ci de 13 % à 0,87 euro vers 11 heures 10 : un décrochage que le groupe n'avait pas connu depuis plus d'un an. L'action qui s'était rehaussée de 40 % bénéficiant de la hausse des cours du pétrole depuis le mois de janvier (elle valait 1,30 euro le 11 mars dernier, son point le plus haut de l'année) retombe en dessous de la barre d’un euro pour rejoindre les "penny stocks".
Si la faiblesse du cours du baril pendant le deuxième et troisième trimestre de l'année, et la fin de la restructuration du groupe excusaient ses déboires au cours du dernier exercice, le contexte actuel, à nouveau porteur pour le secteur, ne suffit plus à expliquer ses performances dégradées. En effet les signes de reprises et le contrôle de la production mondiale de barils par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés ont contribué à la hausse du baril de Brent qui s’est apprécié de plus de 30 % depuis le début de l’année.
Si bien que les performances du groupe sont largement inférieures aux attentes du marché ; "CGG sous-performe l'ensemble du secteur" selon l'analyste de eToro joint par WanSquare, Antoine Fraysse-Soulier. Des mois de janvier à mars, sa perte nette s'élève à 81 millions de dollars - tandis que le consensus des analystes s'établissait à 19 millions de dollars de perte - et son excédent brut d’exploitation, en diminution de 71 % en glissement annuel, s'établit à 36 millions de dollars, contre 67 millions de dollars anticipés par les analystes. Un trimestre qui ne dément pas la tendance de ces dernières années, puisque "la société n'a pas réalisé de résultat net positif depuis cinq ans" selon l'analyste.
CGG peut cependant se targuer d'une hausse des ventes de sa division "Équipements" - appareils capables d'envoyer et de capter des ondes - grâce à une livraison à l'Arabie saoudite. Mais cette branche ne représente que 3 à 4 % de son chiffre d'affaires. Il a en revanche enregistré de faibles revenus pour son métier historique d'envoi de signaux pour obtenir une image des sous-sols, sa branche "Géosciences", ainsi que pour son métier "Multi-Client" qui consiste en la constitution d'une bibliothèque d'images pour les compagnies pétrolières. Le groupe invoque à ce titre un effet saisonnier défavorable, ainsi qu'un "décalage dans le calendrier des ventes", certaines ventes ayant été repoussées au second trimestre ou second semestre, si bien que son niveau d'activité global (213 millions de dollars) est en baisse de 21 % comparé à un an auparavant.
Concernant la structure financière de la société qui a subi plusieurs restructurations au cours des cinq dernières années, le groupe a procédé, le 29 mars dernier, à une opération de refinancement de la totalité de sa dette brute de 1,2 milliard de dollars pour une maturité de six ans. Et son cash-flow net s’élève à 28 millions de dollars au premier trimestre, en hausse de 65 % sur un an, la hausse du cours du pétrole s'étant malgré tout traduite au mois de mars par "une reprise de l’activité commerciale et l’attribution de nouveaux contrats", selon Sophie Zurquiyah, présidente et directrice générale du groupe.
CGG est en outre confiant dans sa capacité à atteindre ses objectifs financiers pour cette année à l’aune de ses premiers résultats, soit un taux de croissance moyen de son chiffre d’affaires à un chiffre - un objectif tenable puisqu'il avait été fixé tandis que le prix du baril de pétrole se stabilisait au-dessus de 50 dollars, soit près de 20 dollars en dessous de sa cote actuelle.
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