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La BCE met en garde contre l'impact durable de la pandémie
Pour sa troisième revue de stabilité financière publiée depuis le début de l'épidémie de Covid, la BCE a joué la prudence, malgré le ralentissement de la pandémie dans le Vieux Continent et l'accélération de la campagne de vaccination. La Banque Centrale pointe ainsi du doigt un certain nombre de facteurs de risques, à la fois du point de vue macroéconomique que sur les marchés financiers et pour le secteur bancaire.
Côté conjoncture donc, la banque de Francfort estime que la pandémie a accru les écarts économiques entre certains pays, plus affectés que d'autres par le virus, et entre secteurs d'activité. "L'impact de la pandémie sur les entreprises est de plus en plus concentré sur les secteurs des services et sur les PME. Cela implique qu'un resserrement soudain des conditions de financement ou un nouveau retard dans la reprise économique pourrait avoir des conséquences plus graves pour la stabilité financière que ne le suggère le tableau global, en particulier dans les pays fortement dépendants des secteurs sensibles à la pandémie", explique la BCE. Un risque de fragmentation de l'UE et des secteurs d'activité, qui, s'il n'est pas rapidement résorbé pourrait mener à une déstabilisation financière de l'ensemble de la zone, comme cela fut le cas en 2012.
Autre danger pour la région, directement lié aux conséquences économiques de la pandémie, la fragilité des bilans des entreprises : les ratios d'endettement des firmes les plus fragiles de ce point de vue sont ainsi passés de 220 % à la fin de 2019 à plus de 270 % au dernier trimestre de 2020 (pour le 90e percentile). "Les prévisions de bénéfices des entreprises de la zone euro sont restées inférieures aux niveaux antérieurs à la pandémie, tandis que les conditions de financement des entreprises sont restées autour des niveaux les plus stricts depuis le début de la pandémie, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), mettant en évidence des risques de refinancement élevés. Des taux plus élevés augmenteraient les coûts du service de la dette par rapport aux niveaux historiquement bas et pourraient accroître les risques à moyen terme dans les pays ayant des niveaux d'endettement élevés", poursuit ainsi la BCE. Selon elle, les défauts d'entreprises devraient augmenter à mesure que les États réduisent leurs politiques de soutien. L'équilibre sera particulièrement difficile à trouver pour les États, qui oscilleront entre retrait prématuré et risque de défauts en cascade ou maintien sous perfusion trop long et risque de zombification de l'économie.
Une hausse des faillites pèserait aussi sur les ménages, entraînant une détérioration du taux de chômage, au moment où les aides d'État aux citoyens européens diminueront. Enfin, toujours au chapitre des risques macroéconomique, figure la hausse de l'endettement des États, passé de 86 % à 100 % du PIB entre 2019 et 2020. "L'augmentation des niveaux de la dette publique, de nouveaux retards dans la mise en œuvre du fonds de relance de l'UE ou l'émergence d'un lien négatif entre souverain, banque et entreprise pourraient déclencher une réévaluation du risque souverain par les acteurs du marché et raviver les pressions du marché sur les souverains les plus vulnérables. Cela pourrait rendre la sortie des mesures politiques plus difficile dans les pays vulnérables qui dépendent davantage des mesures de soutien budgétaire".
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