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L'entrée en Bourse d'OVHcloud arrive à point nommé
À deux jours de Viva Tech - le rendez-vous national dédié à la technologie qui se tient du 16 au 19 juin - le spécialiste du stockage de données OVHcloud confirme son introduction en Bourse (IPO). Une cotation sur Euronext qui avait déjà été évoquée en mars dernier, mais l’incendie de son centre de stockage de données de Strasbourg deux jours après avait repoussé l’échéance. Si la licorne française parvient effectivement à s'introduire en Bourse, elle sera la deuxième société technologique tricolore - aux côtés de Believe - à découvrir la Bourse sur le compartiment principal d'Euronext depuis le début de l'année, soit autant qu'au cours des vingt-cinq années passées - les dernières en date étant Dassault Système et Worldline.
Les détails de l'opération n'ont pas encore été rendus publics. Le fondateur et actionnaire Octave Klaba (détenteur avec sa famille de 80 % des parts) a seulement révélé son intention de rester majoritaire à l'issue de l'opération. Il partage pour l'instant le capital avec KKR et TowerBrook Capital Partners, deux fonds américains qui détiennent les 20 % restants depuis le dernier tour de table d'OVHcloud en 2016, qui valorisait l'entreprise à 1,2 milliard de dollars. Les sociétés avaient alors investi à elles deux 250 millions d’euros.
L'annonce de cette proche entrée en Bourse intervient dans un climat porteur. En effet, le secteur de demain pourrait être celui du cloud. Ce marché en Europe devrait atteindre en 2027 plus de 260 milliards d'euros contre 53 milliards d'euros aujourd'hui, soit la taille du marché actuel des télécommunications, comme l'atteste une étude de KPMG parue la semaine dernière. Et derrière les enjeux économiques que recouvre un secteur en plein essor suivent des enjeux de souveraineté, car la sécurité des données de l'industrie nationale est concernée.
En témoignent dans le domaine public, les dispositions prises à l'échelle européenne : la mise en place du projet Gaia-X dont OVHcloud est l’une des parties prenantes et membre du conseil d'administration, une initiative franco-allemande lancée le 4 juin 2020, pour encourager au développement d'une infrastructure de données européenne. Mais aussi à l'échelle de la France : le gouvernement annonçait il y a moins d'un mois, le 17 mai, sa nouvelle doctrine pour le cloud sous l'impulsion d'Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la fonction publiques. Les associations d'entreprises Medef et Cigref y ont déjà adhéré, ce qui "devrait avoir un effet domino sur le privé", estime une porte-parole du groupe OVHcloud. Ces démarches sont en ligne avec le domaine privé, puisque les entreprises sont également réticentes à s'exposer à un risque d'extraterritorialité du stockage de leurs données. En est la preuve : le soutien au projet paneuropéen Gaia-X de plusieurs fleurons de l'industrie française comme Atos, Safran et Orange.
Dans le marché européen encore fragmenté du stockage de données, OVHcloud - par rapport aux autres enseignes comme les français Scaleway et Outscale - se détache comme l'unique acteur de nature à concurrencer ses homologues américains - Amazon Web Services, Azure de Microsoft, et Google Cloud d’Alphabet - dont les chiffres d’affaires s'élèvent pour chacun à plusieurs dizaines de milliards de dollars, et qui détiennent plus de 60 % du marché du cloud public mondial, selon le rapport de KPMG.
Car OVHcloud s'illustre par sa taille relative d'une part : en 2020, son bénéfice (Ebitda) s’établit à 255 millions d’euros et son chiffre d’affaires à 632 millions d’euros, en hausse de plus de 10 % par rapport à l’année 2019, et en hausse de plus de 20 % en moyenne au cours des dix dernières années, selon l'entreprise qui publie pour la première fois ses résultats. D'autre part, il s'illustre par son implantation à l'international : 50 % de son chiffre d'affaires est tiré de ses activités hors France et ses 1,6 million de clients sont répartis entre 140 pays. Mais pour servir son ambition de devenir un véritable champion mondial, l'hébergeur français doit grandir, et grandir vite car le temps presse. Il avait donc deux options : celle de se tourner vers le capital-investissement ou celle de se tourner vers le marché, la dernière a été retenue. La suite nous dira le montant de cette augmentation de capital et son usage.
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